Intrigue #1

L'indépendance des Fourbes

Il a suffit d’une nuit. Une seule. Et le fragile équilibre de l’Echiquier a été réduit à l’état de cendres : Les Fourbes viennent de revendiquer leur indépendance. Du côté des Avides et des Belliqueux, c’est la panique totale ce matin, impossible de savoir exactement à quel point les dégâts sont graves, d'autant que certains Fourbes ont été surpris à faire usage de dons... Alors qu'Aquaworld et Trickyland sont sur le pied de guerre, Mazecity est en effervescence, organisant sa première élection afin d'élire son futur dirigeant.
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L'Echiquier



 
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Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.

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Caïn Amatius
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MessageSujet: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Dim 12 Mar - 2:34

Un peu d’air. Caïn connaissait bien cet endroit. Un peu trop à son goût peut être. Mais aujourd’hui il traînait bien plus dans la mangrove que dans la forêt voisine où il avait fait ses premiers pas de pion. Le territoire Belliqueux : Caïn y était chez lui, jadis…
Assis en tailleur au bord de l’eau, avachi sur lui même, le romain admirait ce paysage boisé autant que ses souvenirs passés. Ainsi recouvert intégralement, sauf au niveau de la tête, par une longue cape rouge sombre, on pouvait de loin le confondre avec une petite bute à l’herbe tuée par l’hiver. Il ne bougeait pas, ou peu. Il méditait, il pensait. Ses fils, sa femme… la loi. Bien des contrats reposaient sur ses épaules ici. Il en avait gratté du papier. Et à chaque mot il combattait pour être exact : exactement le bon mot exactement au bon endroit. Une lutte qui valait le coup : c’était splendide. L’exactitude ne pouvait souffrir de défaut. Alors Caïn appliquait ses mots. Et rien, pas même l’idée de retrouver Cornelia, ne pouvait l’en détourner. Il le devait… Il était la justice de l’Échiquier.


Cornelia…

Caïn rêvait de pouvoir reprendre ce même sentier qu’à son arrivé, traverser de nouveau cette forêt et rentrer chez lui. Heureux, il retrouverait sa femme, ses fils. Mais… Ah ! Rien que cette idée lui suffit pour revoir le cadavre de Cornelia, étendue dans leur lit. Blême, elle n’avait plus rien de la femme qu’il avait aimé. La mort l’avait défigurée autant que l’abandon… C’était comme une hantise : le romain baissa un peu la tête et la secoua pour chasser cette image de son esprit. Une goutte, Caïn bloqua. Quelques gouttes étaient tombées sur sa cape. Il pleurait. Il avait honte. Thémis ne l’avait pas envoyé ici pour se morfondre. Haut les cœurs ! Il ne pouvait échouer. Pour ses fils. Il avait à faire ici…


Pour… du bruit ? Qui était-ce donc ? Intrigué, Caïn tourna la tête. Dans son mouvement, bien des choses traversèrent son esprit. Et si cet homme était… Lawrence… Caïn eut presque un doute aux quelques premiers centièmes de secondes. Cela ne pouvait être lui. Du moins, c’était fort peu probable.
« Montrez vous, qui que vous soyez. Intentions bonnes ou mauvaises, ayez au moins la décence d’être clair en les exposant à ma vue. Si vous venez en ami, et bien prenez place et discutons. Et si vous venez en ennemis, prenez place et bataillons… »
A ces mots, Caïn saisit même le manche de son sabre tout en restant intégralement caché par sa cape. En apparence, il n’avait presque pas bougé. Il était toujours assis. Mais un œil averti pouvait voir qu’il était loin d’être oisif, penseur et sans défenses. Il était prêt, quel que soit l’identité de cet intrus impromptu qui stoppait ses méditations.

hrp:
 
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Samuel Render
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Lun 13 Mar - 19:14

« Qu’est-ce que je fais là moi… » Fit SamSock en parlant à la mangrove.

Celle-ci ne lui répondit pas. Cet écosystème n’avait pas besoin de parler pour exister : Samuel le savait, mais il était essentiel pour lui qu’il s’en assure. Il voulait tenir, pointer clairement les capacités de cet environnement, clouer rigoureusement ses capacités sur l’échelle des possibles. C’était sa stratégie pour se rassurer après tout ce qu’il avait traversé, parce que l’Echiquier était horriblement constant et fiable : des caractéristiques pour le moment effrayantes aux yeux du fleuriste.

L’Echiquier était calme parce que les conflits de faction ne comptaient pas. C’était du barbotage sur la surface des choses importantes. L’essentiel était de s’assurer de la stabilité de la terre : ce sur quoi s’appuyaient les pieds, naissaient les petites vies et tombaient les corps. Le reste aussi pouvait être important mais ce n’était qu’une question de priorité.

SamSock avait deux priorités. En fait trois. Mais d’abord deux : la troisième ne se manifestait que dans les cas extrêmes. La première de ses priorités consistait à se trouver en lieu agréable. Par agréable SamSock entendait : un endroit confortable, où se mêlaient calme et sécurité. Venait alors (et avec raison) la seconde priorité : trouver, au sein de cet endroit confortable, un espace précis où dormir.

C’est là que la troisième priorité pouvait être sujette à débat. Son sens pouvait être contredit par la première injonction, laquelle supposait déjà trois critères (confort, sécurité, calme…) ce qui, en soit, était exigeant pour une seule prérogative, et c’était sûrement pour cela qu’il y avait autant de tiraillement sur la légitimité de la troisième priorité. Ce troisième et dernier objectif, donc, impliquait que le lieu soit dépourvu de personnes bruyantes, et si possible, de personnes tout court. Voilà qui était ambitieux.

SamSock marchait donc au sein de la mangrove afin de trouver un parterre herbeux joli, propre et silencieux, afin d’y faire une sieste. Il était un expert dans le domaine, aussi il ne se faisait pas de faux espoirs sur l’hypothétique présence d’un meuble, finement ouvragé et serti d’un matelas, sur lequel il pourrait s’allonger afin de s’adonner aux plus douces des pensées (soit le fait de constater leur absence). Fort de cas constant réaliste, Samuel marchait. Il ne barbotait pas.

Néanmoins s’il existait sur ce plan de l’univers une fée capable d’exhausser les vœux et de tordre l’espace-temps, Samuel serait né poisson. Pour barboter en pilotage automatique, se laisser faire par l’instinct et puis mourir, mangé ou mort. Toutefois, comme ce n’était pas le cas (puisque le jeune homme était né humain), Samuel tenait trop fort à ce qu’il était pour accepter de signer ce genre de contrats loufoques et granguignolesques. Les magiciens avaient manqué leur occasion et maintenant c’était fatalement trop tard. Leur destinée était condamnée à reste silencieuse, à l’instar du paysage tranquille qui enchantait SamSock.

La surface de l’eau était calme, imperturbable. De son côté Samuel avançait, guidé par la tempête de ses ambitions, laquelle semblait le tirer dans une direction précise, avec des intentions de parasite voulant mener son hôte à sa perte. Bien habile était cette tempête pour parvenir à se jouer ainsi de l’entendement de son créateur (surtout qu’il ne s’agissait que d’un coup de vent).

Ce mouvement d’air alla se cogner contre un arbre, lequel rouspéta.

Cela embêta bien le fleuriste, qui n’avait pourtant rien fait. Il n’était même pas conscient de l’existence de la tempête.

Quand il entendit le discours, SamSock en rechercha la provenance.

Cela venait de cette petite choses non loin de lui, mais un peu quand même. Elle était d’une couleur perturbante et elle se permettait (contrairement à ses semblables) de dialoguer avec le fleuriste.

Cela le rassura : ce monde était bel et bien aussi fou que les autres qu’il lui avait été donné d’explorer. Un trait bancal se forma sur ses lèvres, une forme de sourire confiant. Samuel reprit sa contenance, son « insolence détachée » comme il l’appelait par moment, et c’est les mains dans les poches qu’il déclara, sans être bien certain de ce qu’il avait perçu :

« Ouais… Et bien ne fait pas trop ton malin, monsieur l’arbre. Parce que si tu continues à m’embêter, et même si ça ne te fera pas grand-chose, je vais venir te faire pousser une rafflesia dans le cou, et ça mon mignon, tu ne vas pas apprécier. »

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Caïn Amatius
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Mar 14 Mar - 0:11

Un homme qui… avançait d'un air hagard sans se cacher ni se méfier ? Hein ? Interloqué, le romain relâcha un peu l’emprise qu’il avait sur le manche de son glaive : cet être ne pouvait être un danger très redoutable. Il semblait presque perdu, ou oisif. Il semblait absent, quoi que souriant. Insolent, quoi que passif. Caïn, un peu décontenancé, le vit alors répondre à ses paroles en s’adressant ostensiblement… à lui… C’était un début.
« Ouais… Et bien ne fait pas trop ton malin, monsieur l’arbre. Parce que si tu continues à m’embêter, et même si ça ne te fera pas grand-chose, je vais venir te faire pousser une rafflesia dans le cou, et ça mon mignon, tu ne vas pas apprécier. »
L’arbre ? La tête de cet homme était bien tournée vers le romain. Pourtant, il semblait répondre à un arbre non loin comme si c’était lui qui l’avait interpellé. Redles… quoi ? Pour le coup, Caïn manquait de vocabulaire. Perplexe, il éleva alors un sourcil pour froncer l’autre. Finalement, il se leva sans quitter l’intrus du regard et sans se découvrir de sa cape. Ainsi, il était toujours totalement recouvert de rouge, à ceci prêt que ses bottes noirs dépassaient par moment. Ainsi il avança de quelques pas vers cet individu.

« Et bien… je crois que vous faites erreur mon cher. Il n’y a la aucun arbre qui parle mais juste moi. Enfin, à moins que l’Échiquier ne vous ait doté d’une faculté totalement surprenante qui vous permettrait de communiquer avec les plantes bien sûr. Auquel cas cela serait possible. Mais en cas contraire, il n’y a que moi qui vous ait interpellé. »
Sur ces mots, il baissa un peu la tête sur le coté en signe d’aparté, toujours en se rapprochant.
« Et pour ce qui est de ces "rablaisia", je crains que ni lui ni moi ne sachions de quoi il s’agit, navré. »
Finalement, il arriva à la hauteur de l’homme. Et Caïn extirpa alors un bras de sous sa cape pour lui tendre, tandis que l’autre gardait la main sur le pommeau de l’épée toujours cachée. On n’est jamais trop prudent… Lawrence a peut être engagé de très bon acteurs…
« Caïn Amatius Dorean, je suppose que je dois être enchanté de vous rencontrer au vu de votre attitude peu hostile. Aussi, je suis enchanté de vous rencontrer, et satisfait de voir que quelqu’un ici n’est pas prompt à sortir son épée face à n’importe qui comme un sauvage. Mais puis-je à mon tour savoir à qui ai-je l’honneur ? »
Cet homme intriguait Caïn, il fallait l’admettre. Et si pour le moment il ne savait pas à quoi s’en tenir, le romain refusait de fuir par simple précaution. Après tout, tout opportunité -même celle de passer un moment agréable loin de toutes ces considérations de conflits- demandait une mise en danger pour être provoquée.
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Samuel Render
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Mar 14 Mar - 23:02

Il devenait rapidement de notoriété publique que l’arbre qu’avait rencontré Samuel avait un fort caractère. Son verbe était haut et son apparence humaine. Peut-être que les choses de cet univers étaient quelque peu plus complexes que ce que le fleuriste avait tendance à penser. Son jugement était cependant grandement affecté par le fait que la créature soit en train d’envisager le pedigree du jeune homme de façon méliorative.

Tout de suite SamSock se sentit bien plus enclin à considérer ce drôle de personnage comme son égal, même s’il ne comprenait pas vraiment tout de ce que le gus lui racontait. Le coup de la plante avait fait son petit effet et c’était bien tout ce que pouvait offrir le fleuriste niveau performance : il se devait alors de rendre justice à cet humble public pour l’avoir regardé d’un œil bienveillant.

La mangrove était témoin de cette scène poignante où deux âmes se retrouvaient au point culminant de la sympathie. Elle parvenait petit-à-petit à transférer sa tranquillité au sein de la conscience des deux pauvres petits humains qui ne se comprenaient pas.

Tentait d’échanger était au moins un début, mais il ne fallait pas ignorer la prudence : Samuel avait beau avoir de l’ego, il n’était pas encore tout à fait fou. Aussi, en dépit de l’apparente bonhommie des derniers évènements, il s’évertua à conserver une bien confortable distance de sécurité entre lui et ce qui voulait s’appeler « Caïn ». Ce-dernier était actuellement rudement jugé du regard.

Cette attitude préparait la chorégraphie qui allait suivre : Samuel, d’un index inquisiteur, déclara, gentil mais ferme, les mots suivants :

« Alors, je ne te sers pas la main parce que si ça se trouve, il va se changer en tentacule et m’arracher le bras. »

Sans trop le vouloir, le bras tendu du fleuriste ondulait lentement dans le vide, pour réaliser des mouvements de baguette magique afin d’exorciser le semi-inconnu qui lui faisait face.

« Mais tu peux avoir mon nom et c’est SamSock. »

Enfin, les premiers pas avaient été faits. Cela avait été laborieux dans la mesure où c’était encore la panique dans les esprits, parce que personne ne savait rien par rapport à quiconque et que nul n’était en mesure de savoir comment réagir vis-à-vis de quoi. Cela avait d’ailleurs pour effet de provoquer certaines réactions épidermiques, comme celle qui allait suivre :

« Et compte pas sur moi pour te tourner le dos. Tu fais un geste louche et je te frappe le visage avec des orties romaines. »

La stratégie nulle.

A moins de faire un miracle, s’il faisait ça, SamSock ne pouvait pas faire grand-chose excepté se brûler la main. Sa formule avait au moins le mérite d’avoir du cachet.

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Caïn Amatius
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Mer 15 Mar - 3:19

Le romain arbora une mine un peu déconfite en voyant cette personne garder ses distances. Triste était l’homme qui ne pouvait accorder sa confiance à personne. Alors bien des gens étaient tristes ici et Caïn le savait. Mais pour autant, il ne pouvait en vouloir à cet individu : lui même avait la main sur le pommeau de son épée après tout.
Cependant, Caïn manqua de dégainer quand son interlocuteur agita le doigt : après tout dans l’Échiquier les dons étaient aussi divers, que varié, que dangereux… Aussi le romain ne voulait pas être surprit par ce qui pouvait arriver.
« Alors, je ne te sers pas la main parce que si ça se trouve, il va se changer en tentacule et m’arracher le bras. »
Qu… quoi ? Non, calme. Après tout, il ne faisait qu’appliquer des précautions semblables au romain. Si Caïn ne connaissait pas son pouvoir, cet individu ne connaissait pas celui de Caïn. Alors c’était bien normal que l’un comme l’autre se préserve de toute duperie, aussi triste cela soit il pour les cœurs et les âmes qui ne trouvaient jamais le repos…

D’ailleurs, ce dernier continua avec son doigt que le romain voulait bien, l’espace d’un instant, couper. Il fallait l’admettre:c’était plus que tentant par simple prévention. Mais la justice n’était pas préventive : sinon s’en devenait de la tyrannie. Aussi Caïn rangea discrètement et totalement son épée -les quelques centimètres de lame sorties du moins- pour attendre de voir comment cela tournait.
« Mais tu peux avoir mon nom et c’est SamSock. Et compte pas sur moi pour te tourner le dos. Tu fais un geste louche et je te frappe le visage avec des orties romaines. »
Sur ces mots, Caïn ne put s’empêcher de rire. Laissant un gloussement sincère sans être moqueur raisonner dans la mangrove, le romain alla même jusqu’à lui tourner le dos -petit ironie dont il se vantait- pour s’éloigner de quelques pas à son tour. Ce n’était pas par précaution, juste pour prendre un peu d’air, de distance.
Sur le coup, on pourrait croire sa garde baissée. Mais s’il avait apprit quelque chose de cet endroit, c’était de tirer avantage du moindre élément. Le soleil bas dans son dos l’éclairait totalement, et aucune ombre à proximité ne laissait de doute. Si cet homme voulait tenter sa chance, il n’aurait pas l’effet de surprise : Caïn verrait son ombre dévorer la sienne avant que l’arme de ce SamSock n’ait touché sa peau. Quel que soit sa méthode de combat, ce devait user d’une arme de corps à corps : il ne pouvait cacher guerre plus qu’un poignard sur lui habillé ainsi, et pas une arbalète par exemple.
« Je ne suis pas grand botaniste, ni même botaniste tout court d’ailleurs. Et je crains de manquer de vocabulaire si vous venez d’une époque postérieur à la mienne pour parler de fleur. Mais je mettrais ma main à couper que les orties resterons à jamais des plantes redoutables qu’il vaut mieux éviter de prendre à pleines mains, que cela soit pour frapper un ennemi ou autre. »
Sur ces mots, Caïn tourna un peu la tête vers son interlocuteur dans un hochement peut être un brin condescendant.
« Alors évitez ce genre de pratique vous voulez bien. Cela serait gênant pour vous comme pour moi. Non que j’aurais grand chose à craindre de brûlures d’orties -j’en ai vu d’autres. Mais je serais peiné que vous vous blessiez en cherchant l’offensive là même où je n’ai aucune intention de vous attaquer. Et puis même sans cela, vous semblez être un jeune homme intelligent et très érudit dès qu’il s’agit de converser plantes. Aussi je suis sûr que vous en connaissez des bien plus dangereuses. »

Finalement, le ton rieur et amusé de Caïn finit par se calmer tantdis qu’il détourna de nouveau le regard. Et il sembla reprendre un peu de convenance avant de continuer.
« Mais, je comprend votre méfiance : une simple main serrée peut signer l’arrêt de mort de n’importe qui ici, surtout de vous qui semblez à première vu bien inoffensif je l’avoue. Nul reproche en cela, au contraire. Je vous plaint d’avoir à errer en ce monde violent et cruel sans apparente défense propre ni épée à lever. L’injustice d’une mort violente peut vous faucher au moindre coins de rue, à chacun de vos pas. Quel terrible quotidien… »
Finalement, le romain sembla songeur, voir même triste et démunie face à ses propres mots. Finissant au bord de l’eau, il se mit à l’observer. Et un œil assez fin put même voir quelques gouttes tomber de ses joues pour venir se mêler à la mangrove. L’injustice d’une mort violente : la fièvre…
« J’ai moi même perdu un être très chère injustement et plus violemment que je n’aurais pus l’imaginer avant de le vivre… Mais soyez sans craintes : je n’ai ici nul autre don que de poser la justice sur papier, liant les engagements des uns et des autres au fil de ma plume et de l’encre libérée. Rien de bien tentaculaire, apocalyptique ou monstrueux. La justice elle même est plus forte comme la pire des créatures, croyez moi. »
Toujours de dos, Caïn fixait son reflet encore déformé par ses quelques larmes dans l’eau. Dans un coin de son regard, le sol toujours irradié de la lumière du soleil le prévenait de toute attaque surprise -qu’elle soit faite par orties ou pas  la lame d’un poignard d’ailleurs.
Il n’était pas là pour faire couler le sang d’un innocent. Ce SamSock n’avait rien fait, si ce n’était d’être, peut être, Belliqueux. Alors Caïn n’avait aucune justice à rendre. Il parlait à cet homme comme il parlait à tout le monde : avec sincérité. Si cela lui plaisait, tant mieux. Et sinon, son seul souhait de voir le mensonge à l’œuvre était déjà assez répugnant comme cela. Mais il semblait affronter la réalité -quoi qu’étant visiblement étrange au travers de ses yeux- avec force et pragmatisme. Aussi, le romain éloignait lentement la possibilité d’être face à un homme peu vertueux du champ des possibles.

Oui : cet endroit n’allait peut être pas héberger que les affres de mauvais souvenir pour le romain, finalement.
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Samuel Render
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Ven 7 Avr - 13:37

Non mais il se moquait ou quoi ?

Une fois encore il fallait constater à quel point l’univers s’acharnait dans la mésestime des capacités de SamSock. Le monsieur armé se permettait de lui faire la leçon et de lui rappeler à quel point le fleuriste avait tendance à être victime de lui-même. Comme si l’intéressé avait besoin d’une piqûre de rappel alors qu’il maîtrisait déjà tous ces paramètres sur le bout des doigts. Ce concentré d’impertinence tournoyait encore dans sa tête, obsession due à la faiblesse de son orgueil incapable de tout étouffer. Quel bel étalage d’explications logiques et claires, lesquelles ne résolvaient rien.

Oui, oui… Caïn mettait le doigt sur les éléments sensibles afin de se donner une espèce d’ascendant sur le fleuriste. Mais le jeune homme n’était pas dupe : il savait flairer ce genre d’arnaque à des kilomètres. Cela dit, ça ne le vexa pas plus que cela. Parce qu’il avait l’habitude, ou plutôt, parce que le monsieur devant lui assurait bien son show. Les paillettes endormirent les folies du fleuriste.

Ce dernier s’ébouriffa les cheveux avec insolence. Il n’avait besoin de personne pour s’infliger ce genre de geste paternel et pseudo-dégradant : il était suffisamment grand pour cela. Bien prétentieuses seraient les personnes avides de réaliser un tel exploit sur lui. C’était une chose à mériter et nul n’était à la hauteur. Mais bref.

Il n’avait pas trop compris la fin du discours du mec (enfin, de Caïn), sans doute parce que c’était triste et que dans ces cas de figure Samuel aimait bien faire l’autruche. Il avait été plus attentif vis-à-vis du prétendu pouvoir du garçon (auquel il n’avait rien compris malgré tout, en dépit de son écoute) et cela lui fit docilement tendre l’oreille, occasion parfaite pour celui qu’il avait en face de caser une petite réplique comme il devait bien les apprécier.

La remarque tomba comme un pavé dans la mare en plein dans le tympan de Samuel. L’onde générée par le choc s’étendit lentement, puissamment, sillonnant les organes avec un rythme calculé pour enfin s’imposer sans concession au sein des fibres du cerveau. Cela lui fit prendre vie et le jeune homme put donc réagir, dans la mesure de ce qu’il avait saisi du message déformé par un si laborieux parcours.

« Ouais, ben. Je te souhaite de pas avoir la même justice que la mienne, parce que chez moi elle est sacrément chiche. »

A ces mots, le jeune homme se tourne et foudroie du regard la mangrove, comme si ce refuge était responsable de tous les maux subis par le garçon. D’un certain côté, c’était vrai : ce n’était pas un endroit si confortable que cela, et ce manquement grave aux priorités les plus élémentaires était suffisant pour attiser toute la haine de Samuel. Ses yeux jaunes de prédateur adressaient aux plantes un mélange de flamme et de foudre, qui aurait été destructeur si seulement les pensées du fleuriste étaient capables, ne serait-ce qu’un seul instant, de s’accorder correctement avec la réalité.

De fait, les deux hommes se retrouvaient à peu près dos-à-dos, avec comme unique nuance plusieurs mètres de distance, et quelques soucis tactiques. Là où l’un avait minutieusement préparé sa défense et était paré à toutes les situations, l’autre ne saisissait absolument rien de son entourage. SamSock se plaisait manifestement à se perdre de nouveau dans des réflexions semi-contemplatives, où il appréciait les lieux sans pour autant oublier que les fantaisies qui le cernaient n’étaient rien d’autre que des barreaux. Cela le rendit amère, et il eut un profond soupir :

« Putain… J’ai envie d’un café-crème maintenant… Dans un beau bar avec une terrasse… »

Puis le jeune homme se rappela qu’il n’était pas seul sur cette sale terre, aussi il décida d’apostropher l’arbre anthropomorphe. Le tout fut fait dans un élan un peu facile motivé par la défense du clan auquel il appartenait sur le papier.

« Sinon, je sais pas ce que tu fais là, mais si t’es pas belliqueux, y en a dans la hiérarchie qui ne seraient pas contents de te voir ici. Bon moi, je m’en fiche, mais fais gaffe à tes fesses, hein. »

Haussement d’épaule nerveux, ton désinvolte. Samuel asticotait aussi bien ses semblables que le magistrat romain.

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Caïn Amatius
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  Dim 9 Avr - 4:38

« Caïn… Caïn… »

Elle était là… Lentement, le reflet du romain avaient prit les formes de Cornelia. Et sans même s’en rendre compte, il sentait déjà l’âtre de la cheminée réchauffer son corps, tendit que la voix de femme réchauffait son âme. Elle répétait son nom avec douceur et volupté comme au réveil chaque matin : une vraie voix de déesse... une vraie déesse. Là…


...

« Ouais, ben. Je te souhaite de pas avoir la même justice que la mienne, parce que chez moi elle est sacrément chiche. »

Un coup… il aura suffit d’un coup pour transpercer ce doux rêve -à croire que jamais rien ne lui laisserait de repos. Cette phrase était comme un coup de point dans le ventre du romain, qui avait visiblement lâché une larme sur son reflet pile au même moment. Ainsi, Caïn ne put y voir autre chose que sa femme qui tombait dans un abyme sans fond à présent. Cornelia… il refusait de douter d’elle ! Elle était aux Champs Élysées : impossible qu’il en soit autrement.

Oisifs, il sortit de ses songes bien lentement. Et le long chemin n’était pavé que d’une chose : l’incompréhension. Qu… quoi ? Il avait dit quoi l’autre guignol sur la justice déjà ? Caïn peinait à s’en souvenir intégralement, tant cela l’avait désorienté. Voir même, il peinait à en saisir toute la substance. La barrière des Ages… voilà bien la seule rempart -avec celles des ennemis de Rome- que le romain aimerait voir tomber.
Ainsi, il tourna un regard interloqué au jeune homme… pour finalement voir que ce dernier lui tournait à son tour le dos. Quoi ? Il se repérait au son ? Audacieux, il fallait l’admettre. En un sens, cela était tant un manque de respect qu’une grave accusation envers la justice -dans le doute… Mais Caïn ne pouvait raisonnablement lui en vouloir : il n’avait même pas conscience du monde qui l’entourait le pauvre garçon… En un sens, le romain finit même par se questionner sur sa santé mentale…

« Putain… J’ai envie d’un café-crème maintenant… Dans un beau bar avec une terrasse… »

Et avec ceci ? Théâtre ? Opéra ? Non mais… Caïn tombait de plus en plus dénue… Aucune colère ne l’habitait juste de… l’incompréhension comme il n’en existe peu d’aussi pure. Cet homme était une énigme pour le romain : un puzzle auquel on ne peut redouter qu’il manque une pièce, mais qu’on préfère continuer sans compter juste pour continuer à espérer qu’il n’en manque pas et peut être un jour finir le puzzle par la seule force de sa volonté. C’était en définitive un paradoxe aussi étrange que captivant. Aussi, le regard du romain vira de l’incompréhension à l’intrigue.

« Sinon, je sais pas ce que tu fais là, mais si t’es pas belliqueux, y en a dans la hiérarchie qui ne seraient pas contents de te voir ici. Bon moi, je m’en fiche, mais fais gaffe à tes fesses, hein. »

Finalement, Caïn éclata d’un rire déjà bien expressif pour lui. A chaque mot un nouvelle surprise ! C’était captivant !

« Oui merci bien ! Je… je ne me souci guerre de ce que peuvent penser les gens de ton clan : je n’ai aucun maître et point d’autres ennemis que ceux de la justice. Si certains en veulent à ma vie, qu’ils fassent. Mais cela ne serait que du gâchis : je travail avec qui a besoin de mes services, Belliqueux, Avides, ou Fourbes. Car la justice mon ami, je ne sais pas si elle est tchoche, mais je sais que chacun la mérite, et je suis là pour l’apporter au-delà même de toute frontière de clan illusoire. Les clans, ou même mon appartenance à l’un d’entre eux, n’a pas grand sens pour moi. Et je vois avec joie que je ne semble ne pas être le seul. »

Le rire du romain c’était un peu calmé, laissant place à un ton chaleureux et convivial, voir même un peu amical.

« Quand à ton café, tu devrait passer à la ville souterraine un jour. Nous y avons tout un tas de bar qui servent des cafés-crèmes, enfin… je crois. Bon je ne promet pas que le cadre sera celui dont tu as rêvé, mais c’est déjà ça. Pour ta sécurité d’ailleurs n’ait aucune crainte : j’y ai là bas une certaine notoriété et je jure sur l’honneur que tu n’y sera pas inquiété. Tu est là bas mon invité et donc sous ma protection Samsock. Nous y auront ainsi tout loisir de discuter plus amplement. »

Caïn avait de nouveau fait quelques pas vers son interlocuteur, posant sur lui un regard aussi doux que pétillant d’amusement. C’était quelque chose le bonhomme quand même ! Caïn ne plaisant d’ailleurs aucunement dans ses propos en revanche. Il espérait bien passer un peu plus de temps avec lui, et était prêt à se porter garant de son intégrité physique comme moral pour l’intégralité de son passage dans la cité souterraine. Cela le valait bien : tout cela pour un petit moment en terrasse à boire quelque chose, que cela soit un café -même si le romain n’avait qu’une vague idée de ce que c’était et qu’il n’avait pas encore goûté- ou autre chose.
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MessageSujet: Re: Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.  

Fourbeux, ou Belliquourbe ? Ni l'un, ni l'autre : Samuel, et Caïn. C'est déjà suffisant.

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