Intrigue #1

L'indépendance des Fourbes

Il a suffit d’une nuit. Une seule. Et le fragile équilibre de l’Echiquier a été réduit à l’état de cendres : Les Fourbes viennent de revendiquer leur indépendance. Du côté des Avides et des Belliqueux, c’est la panique totale ce matin, impossible de savoir exactement à quel point les dégâts sont graves, d'autant que certains Fourbes ont été surpris à faire usage de dons... Alors qu'Aquaworld et Trickyland sont sur le pied de guerre, Mazecity est en effervescence, organisant sa première élection afin d'élire son futur dirigeant.
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L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]

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Luna Avencurus
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MessageSujet: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Dim 12 Mar - 21:16

L'agneau dans une peau de loup #CAÏN AMATIUS
Luna dodelinait de la tête, le regard dans le vide : elle s'ennuyait. Reposant son regard morne sur l'homme en face d'elle elle retint avec difficulté un soupir d'exaspération. Il était encore en train de parler, il faisait des allers-retour devant elle et deux autres avides en insistant pour la énième fois sur l'importance capitale de cette mission pour le clan et à quel point ils devraient se sentir honorés d'y participer, Luna leva les yeux au ciel, quelle importance vraiment ? Tout ce qui l'intéressait c'était qu'on lui pointe sa cible du doigt et qu'on lui dise "attaque", le reste n'était que détails insignifiants. D'ailleurs il ne s'agissait pas à proprement parler d'une mission de Luna, elle avait juste croisé ces trois avides qui lui avaient demandé son aide pour quelque chose de la plus haute importance mais la jeune lady en doutait, après tout si cette tâche était si capitale pourquoi faire appel à Luna ? Elle n'était après tout que l'une des nombreuses mains tâchées de sang qui servaient Alice, certes elle avait acquis une certaine... Réputation depuis son arrivée il y a quelques mois, réputation due notamment à la façon particulièrement brutale dont se sont terminées certaines des rencontres que la jeune femme a faite ainsi qu'à un certain incident impliquant des fourchettes, bien que Luna ne voit toujours pas ce qu'elle avait bien pu faire de mal. Quoi qu'il en soit, la jeune lady savait pertinemment qu'elle était loin d'être la combattante la plus renommée des avides alors si cette mission était si capitale pourquoi la lui confier à elle ? Quelque chose ne collait pas et une personne plus précautionneuse qu'elle y réfléchirait à deux fois avant de suivre ces trois hommes qu'elle ne connaissait quasiment pas dans les ruines qui bordaient le territoire des avides. Cela dit Luna n'était pas ce genre de personne et elle les suivit, son éternel sourire enjoué plaqué sur son visage, en frissonnant d'excitation à l'idée que si ces hommes décidaient de s'en prendre à elle, alors elle apprécierait autant leurs cris que leur conversation l'avait ennuyée. Le sourire de Luna s'accentua.

Ils étaient arrivés au lieu de rendez-vous dans les ruines, une sorte de place entourée de bâtiments délabrés, les vestiges de ce qui avait du en un autre temps être une fontaine trônaient au centre de l'endroit, probablement un lieu de rencontres lorsque les lieux étaient encore habités, néanmoins ils étaient désormais déserts et le fourbe que le groupe était censé rencontrer ne s'était pas encore montré. L'anticipation de Luna avait fait place à la déception lorsqu'elle avait compris qu'il s'agissait bel et bien d'une mission et non pas d'une tentative d'assassinat à son égard. Et au fil des minutes sa déception s'était mue en irritation, le pseudo leader du groupe était encore en train de faire un stupide discours ! Et s'il prononçait une nouvelle fois l'expression "à la gloire des avides", la jeune lady allait trouver une manière permanente de le faire taire. Cela serait cela dit le cinquième incident qui impliquerait Luna depuis son arrivée et elle n'était pas sûre qu'on lui donnerait une sixième chance... N'y tenant plus, Luna marmonna qu'elle allait faire un tour pour vérifier que leur cible ne s'était pas égarée et elle s'éloigna des trois autres avides d'un pas rapide jusqu'à ne plus entendre la logorrhée verbale du leader du groupe. Dans son agacement Luna s'éloigna plus que de raison et, oubliant totalement la mission, décida d'explorer certains bâtiments abandonnés. En effet on lui avait assuré que l'on pouvait voir des squelettes dans certains d'entre-eux et la jeune lady était curieuse de savoir si la rumeur était vraie.  

Luna épousseta sa tenue de la poussière que son exploration lui avait fait accumuler. Malheureusement elle n'avait croisé aucun squelette durant ces dix minutes de recherche mais la chose avait néanmoins réussi à la calmer et c'est en affichant son éternel sourire enjoué qu'elle se redirigea vers la place où elle avait laissé ses trois acolytes. Lorsqu'elle y parvint, la jeune lady se figea, hébétée par la scène devant ses yeux. Les corps des trois avides étaient étendus sur le sol, se vidant lentement de leur sang. La jeune femme s'approcha de ses anciens compagnons, les blessures qu'ils avaient subi étaient visiblement dues à une arme blanche, probablement une sorte de glaive ou de dague. Désormais agenouillée près du leader de leur groupe, Luna le regarda d'un air pensif, elle avait déjà entendue l'expression la plume est plus forte que l'épée mais elle était persuadée que la chose n'était pas à prendre au sens littérale néanmoins face au cadavre, une plume enfoncée dans l’œil, la jeune lady se demandait si elle avait jamais réellement compris l'expression. Elle s'était relevée et s’apprêtait à rentrer à la cité lorsque, dans toute la marée de rouge qui éclaboussait le sol, une étrange tâche noirâtre attira son attention, le liquide inconnu était légèrement huileux et froid au touché. Elle repéra une traînée de cette étrange substance s'éloignant du carnage et s'enfonçant dans les ruines. Une lueur prédatrice s'alluma dans le regard de la jeune femme, ce qui s'était débarrassé des trois avides ne s'en était pas sorti indemne et Luna comptait bien traquer cette chose et tout ça "à la gloire des avides" bien entendu...

Luna avait suivi l'étrange traînée noirâtre qui se mélangeait sporadiquement à d'autres, rougeâtres. se sentant comme une enfant en pleine chasse au trésor, la jeune lady avait commencé à joyeusement fredonner une comptine de son enfance qu'elle affectionnait particulièrement. Elle avait remonté la piste de l'assassin jusqu'à une ruine isolée, une petite bâtisse insignifiante à laquelle elle n'aurait même pas jeté un regard sans cela, mais guidée qu'elle était par son fil d'Ariane sanglant, la jeune femme savait déjà qu'elle y trouverait ce qu'elle cherchait. Elle pénétra la ruine et son regard se posa sur un homme adossé au mur, ses blessures semblaient graves, Luna doutait fortement qu'il survive bien longtemps sans assistance. Elle pouvait facilement l'imaginer prier toutes les divinités dont il avait connaissance qu'on lui envoie de l'aide, la jeune lady dût réprimer un fou-rire, les déesses et les dieux avaient un sens de l'humour bien particulier si en réponse à ses prières ils avaient envoyé Luna. Faisant fie de toute discrétion, elle s'avança de sa démarche chaloupée et se planta triomphalement devant l'inconnu, telle une enfant venant de gagner une partie de cache-cache. Elle laissa passer quelques secondes, visiblement fascinée par la marre de sang qui s'était formée aux pieds de l'homme et à laquelle se mélangeait lentement la substance noire qui avait démarré sa poursuite. Elle finit par s'exprimer doucement de sa voix mélodieuse.

- Cela aurait pu être une bonne cachette vous savez, mais difficile d'être discret lorsqu'on se trouve dans votre état. Affirma joyeusement Luna en pointant du doigt le liquide sombre qui continuait de goûter le long de la jambe de l'inconnu.

La jeune lady s'agenouilla en face de l'homme blessé et fixa son regard joueur sur les pupilles qui semblaient s'accrocher à la vie de son interlocuteur, il n'était visiblement pas à l'agonie néanmoins si ses blessures continuaient de saigner il finirait par rejoindre les trois avides laissés sur la place. Prenant un air gêné, la jeune femme continua.

-Oh ! Mais je ne me suis même pas présentée, je manque vraiment à tous mes devoirs ! Je me nomme Luna Avencurus, pour vous servir. Dit-elle en inclinant poliment la tête. J'imagine que vous êtes le fourbe que mes... Compagnons attendaient avec impatience. Je crains malheureusement qu'ils ne puissent nous rejoindre, un empêchement les a retenu. Mais ne vous inquiétez pas, je suis là pour m'occuper de vous, moi...

Le sourire de Luna s'accentua.
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Caïn Amatius
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Lun 13 Mar - 18:33

Un rendez-vous. De coutume, les juges ou autres notaires reçoivent leur clients dans un cabinet. Mais Caïn avait abandonné ces protocoles bien vite à son arrivé dans l’Échiquier. On lui avait donné rendez-vous en bordure du territoire Avide, dans des ruines. Alice voulait visiblement le voir. Aussi se rendit-il au point de rendez-vous avec une ponctualité assez diabolique. En chemin déjà, il savait où il était, le temps de trajet qu’il lui restait, l’heure qu’il était, et l’heure à laquelle il arriverait. Son travail était méticuleux, et il ne pouvait souffrir du moindre accro. Il avait tout : plume bloquée dans la lanière de son sac, encore et feuilles dedans.
Le soir tombait et en un sens, il se demandait un peu pourquoi Alice changeait ainsi de lieu pour leur entre vu. Un contrat à rédiger avec un intervenant discret ? Probablement. Dans tous les cas, le romain savait qu’il lui faudrait rester furtif -et prudent. Aussi avait-il prévu de prendre plusieurs détours, et il ne se passait pas un seul instant sans qu’il ne reste aux aguets.
Il avançait ainsi en zig-zag dans les ruines, main sur le pommeau de son glaive.

Finalement, il arriva à destination sans encombre. Tout était calme, très calme, un peu trop calme. Il n’y avait personne, ni Alice, ni un autre invité. Ainsi Caïn se retrouvait en tête à tête avec ce qui devait être une fontaine à une époque. Étrange : Alice était donc en retard. Soit. Caïn se contenta alors de se poser au bord de la place. Rassuré, il semblait persuadé que personne ne l’attaquerait à présent -on l’aurait fait avant si quelqu’un en avait l’intention.
Lentement, sa vigilance retomba un peu. Et fatalement, cet instant de faiblesse finit par devenir le théâtre d’une attaque surprise. Un mouvement derrière le mur sur lequel il était adossé alerta lentement le romain. Et a peine eut-il le temps de comprendre qu’une dague fusait vers sa gorge, juste assez lentement pour qu’il la saisisse à pleine main afin de la bloquer. A coté de lui, un homme visiblement préparé au combat était baissé sur lui, prêt à le tuer. Surpris, Caïn, dégaina de l’autre main pour tenter à son tour de le toucher. Parfait : l’homme était blessé au coté. Cela permit ainsi à Caïn de se relever rapidement pour l’achever à l’assaut suivant. Satisfait, le romain retomba vite de son petit nuage de joie quand il sentit un métal froid et long se loger entre deux de ses côtes. Il était blessé vers la hanche droite. Laissant un rictus de douleur se dessiner sur son visage, Caïn finit par se déplacer sur le coté. Et tandis que la lame sortit de ses entrailles il finit par identifier la menace dans son intégralité. Ils étaient deux, deux encore en vie. L’un portait deux dagues, et l’autre une épée longue ensanglantée. Rapidement, Caïn parvint à se débarrasser du second, mais au prix d’une large estafilade au bas du ventre infligée par le premier. Bloqué, et désarmé par la douleur, il finit par éliminer ce dernier en lui plantant sa plume dans l’œil à l’aide des quelques forces qui lui restaient.

Bon sens… tout c’était passé si vite que Caïn peinait à tout comprendre. Trois morts, trois blessures. Le romain grimaçait de douleur en cherchant à tenir debout : mais il ne pouvait pas rester là. Des avides ? Où était donc Alice ? Si le romain ne pouvait craindre le pire, il restait plus raisonnable de voir cette attaque comme une embuscade.  Alice était au courant ? Ou non ? Il lui faudrait éclaircir ça plus tard, voir même tenir Charles informé de l’attaque. Une tentative d’assassinat à son encontre… Bon sens il ne pensait pas que cela allait aussi mal. Et si en général il était protégé par ses employeurs, il songeait déjà à se protéger plus amplement par lui même… Et cette affaire ne l’y encourageait que plus. Mais pour l’heure il en craignait tout simplement pour sa vie. Les blessures étaient sévères si non soignées, et lui même voyait son sang s’écouler bien trop abondamment pour être serein. Ainsi, il pressait comme il pouvait, avançant lentement pour s’éloigner du massacre. Il marchait à pas claudiquant, secoué par un spasme de douleur à chaque secousse . Il serrait ses plaies avec une force qui lui manquait de plus en plus.
Bon sens… ah quoi ces guignoles jouaient ? Si Caïn ne regrettait pas de les avoir tué -il avait rendu la justice de leur impudence- il commençait à prier Thémis de la lui rendre à lui aussi, la justice. A moi que lui aussi ne se soit montré impudent… Il doutait, mais refusait de penser qu’un simple rendez-vous piège allait signer sa fin. Finalement, il s’engouffra dans une maison en ruine pour se poser.
« Juste quelques secondes, juste quelques secondes »
Sa voix était faible, essoufflée et endolorie. Mais il avait besoin de se dire cela. Il ‘allait pas mourir dans cette maison : Thémis n’était pas comme cela. Qu’elle rende la justice ! Qu’elle ne le laisse pas s’éteindre, là, seul, dans l’indifférence la plus totale… S’asseyant gauchement, il étouffa un cri de douleur en heurtant le sol un peu trop violemment. Bon sens… Thémis ! L’homme commençait à grelotter de froid… un peu trop pour que cela soit normal d’ailleurs. Pressant ses fontaines de sang comme il pouvait, il voyait de seconde en seconde la situation s’empirer.

Bon sens… Qu… quoi ?  Coupant net une grimace de douleur, des bruits de pas semblaient se rapprocher. Ils en restaient ? Non ! Thémis, tout mais pas ça. Une aide, et pas un bourreau. Caïn finit par le supplier tant il refusait de voir cette fin être la sienne. Et il finit par voir le visiteur, qui était en fait une femme. Cette femme laissa un silence pesant s’installer. Bon sens mais qu’elle parle ! Caïn, main sur le fourreau de son glaive, ne pouvait plus tenir. Elle devait parler. Il allait craquer à ne pas savoir à quoi s’en tenir avec elle.
« Cela aurait pu être une bonne cachette vous savez, mais difficile d'être discret lorsqu'on se trouve dans votre état. »
Non ? Vraiment ? Caïn bouillonnait de l’intérieur. Il ne cherchait pas la discrétion : il savait qu’il ne la trouverait pas. Et puis, même si son encre n’avait pas fuit, le sang aurait suffit à le trahir. Il ne cherchait pas la pitié : il gardait un honneur romain après tout. Il cherchait… la chance. Oui, que la fortune de Thémis et sa justice lui permette de s’en sortir. Et il ne savait pas encore si cette femme venait lui apporter. Et alors même qu’il allait demander d’éclaircir tout ça, se moquant bien de son regard fixe -il en avait vu d’autres, elle finit par parler.
« Oh ! Mais je ne me suis même pas présentée, je manque vraiment à tous mes devoirs ! Je me nomme Luna Avencurus, pour vous servir. »
C’était donc elle… Luna… Caïn ne put s’empêcher de pester dans sa tête à l’encontre de la fortune, tandis qu’un rictus de colère semblait le trahir en apparence. Luna… celle qui allait le tuer, mais « s’amuser » un peu avant ? Non… il ne mangeait pas de ce main là. Et plutôt mourir de sa propre main que d’être le jouet d’un sociopathe du genre. Resserrant un peu plus le manche de son glaive, Caïn était prêt à se défendre, quitte à accepter la mort que Thémis lui imposait en se tuant lui même s’il le fallait.
« J'imagine que vous êtes le fourbe que mes... Compagnons attendaient avec impatience. Je crains malheureusement qu'ils ne puissent nous rejoindre, un empêchement les a retenu. Mais ne vous inquiétez pas, je suis là pour m'occuper de vous, moi…
-Vous… pour me tuer, ou me torturer un peu avant ? Je vous connaît Luna, j’ai entendu parler de vous. Et je ne crois pas que venir au secours du vivant ne soit dans vos faits d’armes les plus marquants parmi les Avides. »
A ces mots faibles et fatigués, le visage de Caïn vit son faible espoir s’éteindre et quelques larmes se mirent à couler de ses joues.
« Je ne prierais plus la déesse, je ne vous implorerais pas pour ma vie. Si vous voulez me tuer, tuez moi maintenant. Mais point de jeu perfides avec moi, point de terreur : je n’ai pas peur de ma mort si ma déesse me l’impose par votre main. Je savais bien que la traîné, qu’elle soit d’encre ou de sang, allait ma trahir. Mais ne n’avais d’autre choix que de compter sur la fortune qui semble m’avoir abandonnée à mon sort. Et si mon ordalie devait s’arrêter là, alors elle avait raison de me laisser à ma mort. Mais sachez, si vous voulez être la main qui me retirera la vie, le nom de la personne que vous tuerez : Caïn Amatius Dorean, fils d'Adelphόs Amatius Chlomos, mari de Cornelia Lepida Kallona, père d’Isaac Amatius Dexios et de Marcus Amatius Gennaíos. »
Sur ces mots, Caïn baissa la tête, et ferma lentement les yeux, avant de murmurer dans un ton à peine audible.
« Pardon à vous tous... »
Caïn était face à la main d’un destin qu’il ne voyait que sanglant. Mais peut être se trompait-il amèrement dans son jugement… une fois n’était pas coutume…


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Luna Avencurus
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Mar 14 Mar - 17:21

L'agneau dans une peau de loup #CAÏN AMATIUS
Ainsi donc, l'homme savait qui elle était. Les actes de la jeune lady commençaient donc à lui tailler une certaine renommée, elle n'était à vrai dire guère surprise. Elle avait bien remarqué les regards fuyants que certains avides lui lançaient dernièrement, emplis d'inquiétude. Elle avait remarqué les expressions faciales se crisper lorsqu'on l'apercevait, les postures se faire plus raides tels des animaux acculés qui s'apprêtent à s'enfuir. Luna en était particulièrement fière, les réputations étaient des choses fort utile, après tout si la simple mention de votre nom inspirait la terreur dans le cœur de vos ennemis, si ces derniers frissonnaient d'effroi à votre simple vue, alors, ils commettraient plus d'erreurs, trahis par leur propre esprit, distraits par le murmure de récits probablement exagérés qu'on leur avait raconté. Tiraillés qu'ils seraient entre l'idée de combattre ou de fuir, leurs gestes perdraient en précision et fluidité, ils deviendraient saccadés et nerveux et leur indécision garantira la victoire de Luna. La peur était après tout une arme puissante, les gens avaient tendance à croire que Luna était folle, et ils avaient raison, mais dans ses rares moments de lucidité, elle était une joueuse d'une rare finesse et puis, le jeu auquel elle jouait était tellement plus intéressant que celui des autres.

L'homme en face d'elle parlait péniblement, comme si chaque mot lui demandait un effort supplémentaire et au vu de son état c'était probablement le cas, il semblait déterminé à rester impassible face à la sentence de mort à laquelle il pensait faire face. La chose étonna Luna, les fourbes n'étaient pas réputés pour leur courage et elle s'était attendue à le voir trembler de peur ou tenter de s'enfuir ou encore la supplier de l'épargner. Mais l'homme semblait accepter son sort, la jeune fille haussa les sourcils, son comportement lui rappelait celui d'un vieux soldat avec lequel elle s'était vaguement liée d'amitié avant d'arriver sur l'échiquier, lui aussi traitait la mort comme une vieille amie qu'il accueillerait humblement le moment venu, c'était fréquent, lui avait-il dit, chez les gens qui la côtoyait fréquemment. Mais Luna n'était pas convaincue, ces hommes essayaient tout simplement de donner un sens particulier à leurs derniers instants, qu'on se souvienne d'eux comme de braves héros sans peur même face à l'inéluctable, en définitif ils voulaient tout simplement que leur mort compte, qu'elle ait une signification, une importance. Ils se drapaient dans leurs principes et leurs croyances pour ne pas affronter la réalité de l'insignifiance et de l'injustice de leur situation. C'était une attitude que l'on retrouvait bien souvent chez celles et ceux qui étaient considérés par leurs pairs, les femmes et les hommes de pouvoir ou qui pensaient en détenir. C'est pourquoi la jeune lady ne fut guère surprise lorsque l'étranger donna son nom, Caïn Amatius, l'un des pions originels, celui dont le pouvoir lui assurait une proximité avec les dirigeants de ce monde. En bref quelqu'un d'important, qui comptait sur l'échiquier. Une personne logique et raisonnable se serait immédiatement questionnée sur le fait que son élimination soit réellement une bonne chose pour les avides, après tout il était de notoriété publique que Caïn exécrait le leader des belliqueux, malheureusement pour le jeune homme, Luna n'était pas ce genre de personne et c'est un détail tout autre qui attira l'attention de son esprit tourmenté. Son regard se reposa lentement sur le liquide noir qui continuait de goûter, probablement d'un récipient qui s'était brisé durant le combat de Caïn, puis tout aussi lentement son regard se posa sur ses doigts tâchés par la substance et elle se mit à pouffer de rire, portant ses mains à sa bouche comme pour étouffer le son de son rire, la scène dura quelques instants, le temps que Luna se calme, elle inspira lentement et essuya d'un revers de la main les larmes qui étaient apparues au coin de ses yeux avant de s'exprimer d'une voix moqueuse de laquelle le rire semblait n'être contenu qu'avec grande difficulté.

- De l'encre ? Vraiment ? J'ai attrapé le grand Caïn Amatius à cause d'une bouteille d'encre percée ? Car vous vous trompez très cher, sans cette encre je ne vous aurais jamais retrouvé, à vrai dire je n'aurais même jamais songé à vous chercher, j'allais rentrer à la cité lorsque j'ai aperçu ces étranges tâches sombres sur le sol et je les ai suivi jusqu'ici. C'est plutôt ironique ne trouvez-vous pas ? Vous êtes trahi par votre fidèle instrument, par ce qui vous a permis de rédiger tous ces jolis contrats qui vous ont rendu si célèbre. C'est presque poétique ! Luna devint pensive un moment. D'une façon cruelle certes mais poétique tout de même !

Des fragments de souvenirs assaillirent la jeune lady, elle se rappelait le métal froid de l'arme dans sa main, l'homme en face d'elle le visage déformé par la colère, hurlant des propos qu'elle n'écoutait pas et les visages des gens autours qui observaient la scène en silence. Elle se souvenait pointer l'arme sur l'homme, persuadée de ce qui allait suivre, elle se souvenait sa stupeur et son incrédulité lorsqu'elle avait entendu le déclic de l'arme sans qu'aucun projectile n'en sorte et l’abattement qui s'était emparé d'elle ainsi que la brûlante douleur de la trahison d'être ainsi abandonnée par son jeu préféré.  Puis soudainement, tout c'était arrêté, comme balayé par le vent et n'était resté en elle que le silence et le vide et elle avait de nouveau appuyé sur la détente de l'arme, violant les règles du jeu qui l'avait de toute façon trahi. Luna cligna des yeux rapidement avant de secouer légèrement la tête, tentant de chasser ces mauvais souvenirs. Elle se concentra de nouveau sur Caïn.

-C'est un sentiment affreux n'est-ce pas ? D'être ainsi trahi par ce en quoi l'on croit ? Cela vous donne envie d'abandonner, de baisser les bras. Est-ce pour cela que vous semblez accepter votre mort avec autant de résignation ? Plus rien ne vous retient si même vos chers contrats sont contre vous.

Luna le regarda avec intérêt, elle se demandait comment Caïn allait recevoir une telle idée, de la colère peut-être ? Ou du déni supposa-t-elle. Elle aurait aimé voir ce qu'il adviendrait de lui si on lui arrachait sa confiance en ce qui le définissait le plus en ce monde et puisqu'elle était la seule présente en cet instant, elle se demanda si elle ne devrait pas essayer.
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Mer 15 Mar - 2:14

Hystérique… Le romain, tête basse, rouvrit grand les yeux au premier rire. Elle en devenait insultante. Bon sens… Thémis ? Est-ce la tout le respect que tu accorde au jugement d’un noble serviteur de ta justice, qui l’a rendu toute sa vie durant du mieux possible en ne faiblissant qu’une seule et unique fois ?! C’était cruelle, et Caïn bouillonnait de voir son jugement ainsi rendu par une main trop légère, trop frivole, qui n’avait aucune idée de ce qu’elle portait dans son poignet. La justice à un poids, la justice ne s’ignore pas. Elle se prend, se soulève à bout de bras pour être rendu comme un cadeau. On ne rit pas de la justice…
C’était cruel. Dur. Caïn, lui qui n’avait fait que rendre la justice, sentait celle qui allait signer sa fin être rendue sans aucun sérieux et conscience de la responsabilité qui en incombait. Serrant encore plus ses plaies au point de se faire souffrir inutilement, le romain referma fort les yeux, laissant échapper quelques larmes qui se faisaient plus nombreuses que les précédentes.
« De l'encre ? Vraiment ? J'ai attrapé le grand Caïn Amatius à cause d'une bouteille d'encre percée ? Car vous vous trompez très cher, sans cette encre je ne vous aurais jamais retrouvé, à vrai dire je n'aurais même jamais songé à vous chercher, j'allais rentrer à la cité lorsque j'ai aperçu ces étranges tâches sombres sur le sol et je les ai suivi jusqu'ici. C'est plutôt ironique ne trouvez-vous pas ? Vous êtes trahi par votre fidèle instrument, par ce qui vous a permis de rédiger tous ces jolis contrats qui vous ont rendu si célèbre. C'est presque poétique ! D'une façon cruelle certes mais poétique tout de même !
- La ferme…la ferme et fait ton devoir au lieu de cracher sur tout ce qu’il y a de sacré dans ce jugement… »

Ses mots étaient faibles, et soupirés dans un souffle qui se raréfiait tant par la douleur physique que par le désespoir. Impossible de les entendre : on pouvait tout au plus deviner que Caïn marmonnait quelques mots.
Elle serait repartit : et bien cela prouva en définitive que sa réputation la précédait. Quelle traqueuse ignorerait une piste si elle n’était faite que de sang ? Qui réclamerait une traînée d’encre pour daigner suivre ce qui semble être sa cible ?! Caïn était peut être trop pragmatique -quoi que l’idée ne l’effleura pas un instant- mais cette femme était totalement incohérente. Et cela la rendait plus qu’aléatoire dans l’efficacité de ses missions, enfin le blessé osa extrapoler cela. Voilà dont où intervenait sa folie.

Le romain comprit ainsi qu’il était impossible d’anticiper le moindre de ses mouvements. C’était terrifiant. Une impossibilité de voir la moindre esquisse du futur faisait face à Caïn. Qu’allait-t-elle faire ? « le grand Caïn Amatius » : elle le connaissait donc. Allait-elle le ramener auprès d’Alice ? Le tuer quand même ? S’amuser comme la folle furieuse qu’elle semblait être ? Si tel était le cas, Caïn ne savait même pas s’il devait se donner lui même la mort : Thémis était à l’œuvre et il devait l’accepter, que cela lui plaise ou non. Mais cette chose ressemblait plus à l’envoyé d’Orcus qu’au jugement de la déesse juste. Si sa main était peut être bien guidée par sa sagesse, le romain ne s’étonnerait pas de voir cette Luna se jeter sur lui pour le dévorer vivant. Seulement peut être même que Thémis lui en avait demandé cette faveur, et que Janus avait retiré tout choix au romain pour lui imposer son passage de vie à trépas sur le champ.
Des vertiges le prenant, Caïn ne savait plus bien ce qui tournait autour de sa tête. Et s’il voyait depuis bien longtemps l’épée de Damoclès qui tournait au dessus de lui depuis son crime, il ne comprenait plus très bien les desseins que les dieux avaient écrits pour lui. Non… Caïn n’était pas trahi. Son encre n’était que l’outil d’un outil au service de quelque chose de bien plus grand : la justice. Ses contrats n’étaient pas une fin en soit, et il se moquait bien de sa renommée. Il pouvait agir masqué qu’il servirait tout aussi bien Thémis. L’ordalie ne demandait pas de visage, mais était là pour juger une âme plus qu’un nom. Caïn arborait juste le sien ouvertement en guise de pénitence : il assumait son erreur et refusait de s’en cacher. Point d’ironie ici, ni même quoi que ce soit : juste la béquille d’une chasseuse qui ne suit pas sa proie sans y être invité par de l’original. Triste. Mais le romain avait depuis bien longtemps perdu l’espoir d’être comprit par des gens de toutes époques, de tous lieux : un romain restait un romain, et le temps passé dans l’Échiquier ne le confortait qu’en le fait que sa vie à Rome avait fait de lui une exception dans ce monde. Quelqu’un qui pensait comme nul autre. Et peut être était-ce là son ordalie : être incompris…

Silencieux, le romain observait à tête basse cette femme pensive d’un œil soumis et fuyant, quoi que digne et droit par certains cotés. Et du bout d’un doigt, il dessina quelques symboles au sols. « Θέμις » : voilà à quoi cela ressemblait une fois terminé. Mêlant sang et encre, l’écriture qui pouvait sembler étrange pour la chasseuse rassurait un peu le romain : elle était là. C’était décidé : il affronterait ce qu’elle avait à lui faire subir. Pour la justice. Elle juge, et qu’elle face intervenir qui elle voulait : Caïn congédia même sa chance par la pensé. Personne ne devrait échapper à la justice : pas même les bénis de Fortune.
« C'est un sentiment affreux n'est-ce pas ? D'être ainsi trahi par ce en quoi l'on croit ? Cela vous donne envie d'abandonner, de baisser les bras. Est-ce pour cela que vous semblez accepter votre mort avec autant de résignation ? Plus rien ne vous retient si même vos chers contrats sont contre vous.
-Mes contrats sont un outil, un simulacre du devoir que je mène : rien de plus. Mon encre n’en devient que l’outil d’un outil, et l’homme n’a pas à vouer un tel culte aux outils dont il se sert. S’ils fonctionnent, il s’en sert. Mais ils peuvent défaillir et alors il suffit d’user d’autres outils. Et, je suppose que je devrais être désolé de vous dire cela, mais s’il vous faut plus qu’une trace de sang pour traquer, et bien votre réputation de chasseuse que j’ai ouïe dire est bien trop étoffée. Sang ou encre, cela vous montrait que quelqu’un était partie : et au premier cas ou auriez simplement choisit d’ignorer cette présence qui semblait pourtant être votre cible pour une raison que j’ignore, je l’admet. Mais ne voyiez pas d’ironie dans la simple résultante d’un travail semblant être fait à la hâte et sans sérieux ni minutie. Si vous vous êtes fait un envoyé d’Orcus, tuez et sans lâcher votre proie, quand bien même aurez-t-elle fuit à l’autre bout du monde, ou d’un autre. »

Sur ces mots, Caïn releva la tête comme le regard pour planter ses yeux dans ceux de son bourreau. Il était droit, impassible, résigné dans un sens. Et le désespoir semblait bien pâle face à ce qui émanait de ses pupilles : son honneur et sa droiture.
« La justice ne trahit pas. La justice est peut être parfois insoluble, mais elle agit sous l’œil sage et réfléchit de la déesse. Je n’ai jamais perdu foi en cela et ma mort peut être prochaine ne suffira pas à me faire flancher. J’ai fauté, et Thémis vient par votre main affliger sa sentence : la mort, ou la poursuite de mon ordalie après les souffrances que vous jugerez utiles de m’infliger. »
Le romain se mit alors à sourire. La souffrance qui le prenait était encore visible : mais il affrontait ça de front. Il dansait avec la douleur et l’acceptait comme un condamné docile. S’en était terrifiant de faiblesse, dans un sens, même si Caïn ne savait pas voir cela comme autre chose qu’une force.
« Au contraire, sans cette encre, je serais mort seul, vidé lentement de mon sang. Et par votre présence je peux déjà dire que tel n’est pas le jugement qui est le mien. Ou peut être que Thémis voulait me pâmer d’un espoir cruel avant de me laisser mourir seul, votre choix futur étant de me laisser là sans assistance de quelque nature qu’elle soit. Mais non, je n’ai pas perdu espoir bourreau. J’attends simplement que ta main, guidée par la déesse, applique la sentence à mon crime au moment où elle le voudra. »
Finalement, Caïn leva la tête. Il semblait observer le ciel, ou a défaut le plafond. A coté, il posa une main entière sur les symboles qu’il avait dessiné. Sa voix semblait forcée et douloureuse, mais le romain s’imposait cela sans sourciller.
« Thémis, toi qui m’entend où que je sois. Toi qui a fait de cet endroit le terrain de mon ordalie et de mon jugement. Vois que je t’ai servit de toutes mes forces toute ma vie durant, et vois aujourd’hui que je ne me soustrait pas à la justice que j’ai rendu pour toi à tant d’autres avant moi. Vois, et agis : je me soumet à toi. Mais si jamais ta sentence et mortel, laisse moi au crier cela : Isaac, Marcus, pardon !»
Enfin, il rabaissa le regard vers la traqueuse. Il semblait soulagé d’une certaine douleur qu’il s’était imposé en s’adressant à Thémis, mais pas hors de porté de la souffrance pour autant.
« Car sachez, Luna Avencurus, que je suis romain de naissance. Et nul, pas mal l’Échiquier, je changera l’honneur qui m’incombe de porter par ce titre. Nous avons des coutumes comme des croyances. Et je ne me soustrairait pas au jugement divin que vous représentez aujourd’hui, que vous en ayez conscience ou non. »
Un sourire amical se dessina sur son visage tandis qu’un petit filet de sang coula par la commissure gauche de ses lèvres.
« Alors frappez, faites moi souffrir, ou aidez moi pour me laisser poursuivre mon périple si Thémis le veut. Je vous en pris : agissez mais agissez bien. »

Tout coulait de source pour Caïn : il n’y avait aucune injustice dans cette scène. Il ne pouvait y en avoir. Si sa mort l’attendait, et bien il s’y soumettait. La douleur était méritée, et la sentence était juste.
En soit, sa seule crainte était que cette femme ne cherche à se soustraire à l’influence de Thémis sans même en avoir conscience…
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Jeu 16 Mar - 1:54

L'agneau dans une peau de loup #CAÏN AMATIUS
Luna avait visiblement sous-estimé les forces qu'il restait au romain, là où elle le pensait aux portes du trépas, voilà que Caïn s'était lancé dans un long discours enflammé sur la justice, le bellâtre s'était même permis de critiquer sa désinvolture à le poursuivre. Et pour quelle raison aurait-elle du suivre sa trace pour commencer ? Pour venger trois stupides avides qui l'avaient irrité presque autant que lui et dont elle aurait oublié jusqu'au visage demain matin ? Quel avait été leurs noms déjà ? Les avait-elle jamais connu ? Luna eut un mouvement agacé de la main, comme si elle essayait de se débarrasser d'un insecte qui lui tournait autour. Décidément tout le monde avait décidé de l'irriter aujourd'hui d'abord les trois imbéciles et maintenant ce fourbe, espéraient-ils la faire mourir d'ennui à déblatérer leurs longs discours, étaient-ils tous donc si fiers des chaînes qu'ils s'étaient eux-même infligés ? Esclave d'une divinité inexistante et d'un principe aussi simpliste que la justice ? il ne s'agissait en définitif que de jolies ornières qui les empêchaient tous de voir le monde tel qu'il était réellement : vide de sens et cruel.

Les yeux de Luna se plissèrent dangereusement, elle poussa un léger grognement qui relevait plus de l'animal que de l'humain avant de saisir Caïn par le col avec une force étonnante pour une jeune fille aussi frêle. Leurs visages n'étaient plus guère séparés que par quelques millimètres, celui de Luna affichait toujours son éternel sourire enjoué mais son regard avait perdu son aspect enfantin et ses pupilles, d'un marron si délavé qu'il en devenait rougeoyant, brillaient d'une lueur inquiétante. Ils restèrent ainsi presque une minute entière avant que Luna se penche pour venir lui murmurer doucement à l'oreille.

-Vous êtes un lâche Caïn Amatius, vous vous cachez derrière votre justice illusoire et votre divinité de pacotille pour ne pas avoir à affronter le vrai visage du monde qui vous entoure, vous lui mettez un joli masque rassurant pour dissimuler sa laideur réelle. Vous êtes un enfant terrifié qui tremble en se cachant sous sa couverture pour se protéger des monstres qui rôdent dans l'obscurité. Amusant que vous m'évoquiez en tant que bourreau lorsqu'on sait que c'est l'un des rôles que vous remplissez ici sur l'échiquier. Mes mains sont certes tâchées de sang mais les vôtres le sont tout autant, appelez vos meurtres justice si cela vous aide à dormir la nuit et à vous regarder dans le miroir sans détourner le regard mais moi je vous vois Caïn Amatius et la seule différence qu'il y ait entre nous c'est que contrairement à vous je suis honnête sur ce que je suis.

Luna recula son visage de celui de son interlocuteur, et lui lança un sourire complice, elle goûtait l'instant, la situation était sous son contrôle, pas sous celui d'une quelconque divinité imaginaire, ni Alice, ni personne d'autre ; elle, uniquement elle. Un véritable maelstrom d'idées passé dans l'esprit tortueux de la jeune lady, le plus amusant étant que personne ne serait jamais au courant, elle avait rejoint les trois avides par hasard et n'aurait pas du se trouver sur cette mission pour commencer, elle doutait que quiconque l'ait aperçu. Elle tenait en son pouvoir la personne qui, en dehors des trois leaders des clans, était probablement la plus influente de tout l'échiquier et si elle le désirait elle pourrait probablement finir ce que les trois idiots avaient commencé sans que personne ne la soupçonne jamais. La jeune fille frissonna, à son humble avis, rien n'était comparable à cette sensation de puissance, aucune expérience, aucune situation ne vous faisait vous sentir plus vivante que de tenir le futur d'un autre au creux de votre paume. Peu importait cette Thémis ou cet Orcus, qui qu'ils soient, c'était son avis à elle qui déciderait du dénouement d'aujourd'hui et si le fil du destin de Caïn dans la tapisserie des Parques serait tranché en ce jour. Les délicats doigts de Luna glissèrent du col de Caïn à sa nuque et elle commença à serrer lentement avant de reprendre d'une voix douce.

-Tu es à moi Caïn Amatius, entièrement. En cet instant je te possède d'une façon plus totale qu'aucune autre femme ne l'a jamais pu. C'est entre mes mains que ce trouve ton destin et il me suffirait juste de serrer un tout petit peu plus pour éteindre cette lueur au fond de ton regard que l'on appelle la vie. Tu peux prier ta divinité fantasmée aussi fort que tu le désires mais c'est par ma volonté que ton cœur continue à battre et chacune de tes respirations est un cadeau que je t'offre. Tu te penses si brave à affronter la mort sans trembler mais crois en l'expérience d'une personne pour qui la douleur est une vieille amie, tout le monde a un point de rupture si j'y passais assez de temps je pourrais briser aussi bien ton corps que ton esprit et tu finirais par renier tout ce en quoi tu crois, non pas pour te sauver, mais en me suppliant de mettre fin à l'existence misérable à laquelle je t'aurais réduite.

La jeune lady avait graduellement augmenté sa poigne autours de la nuque du romain au fur et à mesure qu'elle avait continué de parler. Elle finit enfin par le relâcher, sous peine d'en finir avec le jeune homme. Sa nuque était marquée, Luna apercevait les traces que ses doigts avaient imprimés sur la chair. Elle en détourna les yeux avec désintérêt, songeant au choix qui s'offrait à elle. Et pour la première fois depuis le début de cette mission elle se demanda si elle désirait véritablement tuer Caïn. Pas réellement dut-elle admettre, non pas qu'il ne soit pas agaçant mais Luna n'affectionnait pas particulièrement l'acte d'ôter la vie, non pas qu'elle y soit opposée mais elle n'était pas la folle sanguinaire que certains dépeignaient, la mort d'autrui ne lui procurait aucun plaisir en elle-même, elle l'utilisait juste comme conclusion aux jeux auxquels elle jouait. Après tout pour qu'une partie soit vraiment intéressante, il fallait bien que l'enjeu en soit élevé. Mais il ne s'agissait pas de l'un de ses jeux que Caïn aurait perdu, elle l'avait juste trouvé ainsi au cours de l'une de ses déambulations, son destin reposait à ses pieds et c'était presque par hasard que la chose était arrivée. A cette idée, une lueur de compréhension passa dans le regard de Luna et elle sortit le couteau qu'elle gardait toujours sur elle mais qui aurait plus sa place dans une cuisine que sur un champ de bataille bien qu'il soit tout aussi mortel que les armes les plus raffinées. D'un geste vif et précis elle déchira le haut de Caïn, exposant son torse sanguinolent. Son geste venait d'entailler la peau du romain mais la blessure était superficielle et elle n'y prêta aucune attention, portant son regard sur les deux blessures les plus graves qu'il avait subi, la première au niveau de la hanche, la seconde entre les côtes du jeune homme. La jeune lady palpa les plaies l'une après l'autre, la chose était probablement douloureuse mais encore une fois elle n'y prêta pas attention, occupée qu'elle était à vérifier qu'aucun éclat de métal provenant des armes ne s'était logé dans les blessures sans quoi il faudrait les retirer avant toute chose, fort heureusement pour le romain elle n'en repéra aucun. La jeune fille sortit un long rouleau de bandage de l'une des poches de sa robe et commença à panser les plaies de Caïn pour en stopper le saignement, se faisant elle recommença à parler.

-Laissez moi vous compter une histoire, celle d'une petite fille âgée de six ou sept ans, un jour en se promenant sur la propriété de son père elle remarqua une petite boule de plume au pied d'un arbre. Curieuse elle s'approcha et compris qu'il s'agissait d'un oisillon tombé de son nid. La pauvre créature s'était blessée dans sa chute. L'enfant étant aussi innocente que les enfants le sont, elle prit sur elle de soigner le fragile animal. Le ramenant chez elle, elle le cacha à ses parents et s'occupa de lui pendant plusieurs semaines jusqu'à ce qu'il récupère assez de force pour retourner dans la nature. Lorsque ce dernier fut assez fort, la petite fille le ramena où elle l'avait trouvé, grimpa péniblement l'arbre et déposa l'oisillon dans son nid avec ses frères et ses sœurs, heureuse que cette aventure se termine bien. Malheureusement la vie a un bien cruel sens de l'humour et lorsque la petite fille repassa devant le même arbre le lendemain elle remarqua une nouvelle fois un boule de plume au pied de l'arbre, s'approchant elle vit le cadavre ensanglanté de l'oisillon. Sa mère ne l'avait pas reconnu et l'avait donc attaqué pour protéger sa couvée. Luna garda le silence quelques instants, continuant de bander le torse du romain avant de reprendre. J'ai beaucoup pleuré après ça, des jours et des jours, jusqu'à ce que Père me gifle assez fort pour me faire arrêter. Après tout il n'était pas convenable pour une lady de mon rang d'avoir les yeux rougis et bouffis par les larmes.

Luna termina son bandage, serrant probablement un peu plus fort que nécessaire. Caïn était tiré d'affaire, pour l'instant. Bien évidemment il lui faudrait rencontrer un médecin, néanmoins il ne risquait plus de se vider de son sang sur le sol de la bâtisse en ruine. La jeune fille n'était pas inquiète, le romain était bien trop faible pour représenter le moindre danger, il avait perdu trop de sang pour cela. Elle le fixa de son éternel sourire enjoué attendant la question qu'elle imaginait devait lui brûler les lèvres.
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Ven 24 Mar - 3:03

Elle grognait : elle se débattait. Caïn le sentait, mais il ne s’en soucia guerre. Il ne se soucia guerre non plus de la poigne qui le saisit par le col. Va y : lutte. Le romain avait foi en Thémis et ne doutait aucunement de sa force. Cette femme se débattait. Et si elle était bien envoyée par Orcus, le chaos du dieu tentait d’outre passer la justice de la déesse qui l’avait missionnée. Caïn restait stoïque, observant ainsi le feu se débattre face à l’eau. C’était… sublime. Il aura fallut au romain poser un pied aux portes de la mort pour voir le divin tout autour de lui. Ce n’était pas positif, pas comme le divin de ces chrétiens. La lumière de leur seigneur n’emplissait pas le cœur de Caïn. Mais il restait là, hagard et vide, faible en définitive. Et tout autour combattaient les forces divines dans une guerre sans merci. Le feu, l’eau, la terre, le vent, et tellement d’autres choses. Le jeune homme était bien peu de choses au final. Et il pouvait bien lutter, suer, se débattre avec toutes les forces qui lui restaient : rien de tout cela n’allait changer son destin. Lui comme elles d’ailleurs : leur combat était inutile. Au creux de ses pupilles encolérées c’était bien le chaos d’Orcus bataillant contre la justice de Thémis que le romain admira pendant une bonne minute. Le silence s’était même fait pour lui permettre de mieux admirer le spectacle. C’était… beau.
-Vous êtes un lâche Caïn Amatius, vous vous cachez derrière votre justice illusoire et votre divinité de pacotille pour ne pas avoir à affronter le vrai visage du monde qui vous entoure, vous lui mettez un joli masque rassurant pour dissimuler sa laideur réelle. Vous êtes un enfant terrifié qui tremble en se cachant sous sa couverture pour se protéger des monstres qui rôdent dans l'obscurité. Amusant que vous m'évoquiez en tant que bourreau lorsqu'on sait que c'est l'un des rôles que vous remplissez ici sur l'échiquier. Mes mains sont certes tâchées de sang mais les vôtres le sont tout autant, appelez vos meurtres justice si cela vous aide à dormir la nuit et à vous regarder dans le miroir sans détourner le regard mais moi je vous vois Caïn Amatius et la seule différence qu'il y ait entre nous c'est que contrairement à vous je suis honnête sur ce que je suis.
Orcus avait frappé un grand coup avec sa masse immense. Attaque basse sur l’honneur, et déconstruction totale de sa vision du monde. Caïn connaissait bien ça. Qu’on attaque son honneur, si là est sa sentence. Et pour la destruction de ses mythes : il en avait presque l’habitude. Lui qui marchait dans l’Échiquier depuis un moment maintenant, il en avait croisé des gens qui n’étaient pas de son époque. Des gens aux croyances différentes, ou même sans croyance du tout. Caïn ne comprenait pas comment le futur avait vu naître ses « athées ». Leur vie dépourvue de toute foi devait être terrifiante. Le romain les plaignait…
Ils étaient les même, peut être bien. Caïn ne reniait pas son nom de « bourreau ». Au contraire : il était conscient de devoir faire le travail d’un tel homme. Mais il regrettait seulement qu’on ne le voit comme celui qui appliquait les sentences, et non comme celui qui les donnait également, vor même comme celui qui construisait la loi ! Dans un sens oui, ils n’étaient pas bien différents. Caïn le savait. Les deux marchaient dans les pas de la justice. La seule différence qui les séparait devait être que seul le romain en avait conscience, et que seul ce dernier était libéré totalement du chaos d’Orcus.
-Tu es à moi Caïn Amatius, entièrement. En cet instant je te possède d'une façon plus totale qu'aucune autre femme ne l'a jamais pu.
Thémis pourquoi ? Sur ses mots, un éclair de désespoir traversa le regard de Caïn. Une seconde, pas plus : après il était dissipé. Mais la surprise fut bien trop grande pour que le romain ne subisse en silence, comme il aurait voulut assumer sa sentence. Il était prêt à tout subir, dès qu’on laissait Cornelia en dehors de tout ça.
-C'est entre mes mains que ce trouve ton destin et il me suffirait juste de serrer un tout petit peu plus pour éteindre cette lueur au fond de ton regard que l'on appelle la vie. Tu peux prier ta divinité fantasmée aussi fort que tu le désires mais c'est par ma volonté que ton cœur continue à battre et chacune de tes respirations est un cadeau que je t'offre. Tu te penses si brave à affronter la mort sans trembler mais crois en l'expérience d'une personne pour qui la douleur est une vieille amie, tout le monde a un point de rupture si j'y passais assez de temps je pourrais briser aussi bien ton corps que ton esprit et tu finirais par renier tout ce en quoi tu crois, non pas pour te sauver, mais en me suppliant de mettre fin à l'existence misérable à laquelle je t'aurais réduite.
Sa main, guidée par celle de Thémis, n’avait rien de grossier. Et si ses mots blasphémateurs étaient violents, le romain n’y vit la qu’une veine tentative de déstabilisation et de torture mentale. Oui, tout le monde avait son point de rupture, le bourreau lui même avait eut tout le loisir de découvrir celui de certains. Mais son propre point de rupture n’était pas ici, mais bien, bien plus loin. Par Thémis, si les simples mots d’une femme sans foi ni loi suffisait à briser sa conviction il blêmirait de honte. Sinon il ne serait pas digne de la déesse.
Ses cadeaux, il les auraient refusés si cela allait à l’encontre de sa justice. Mais Thémis semblait vouloir le faire souffrir encore un peu. Aussi le romain força-t-il de toute ses forces sur ses faibles poumons qui commençaient à brûler de l’intérieur. Il manquait d’air. Mais il n’en méritait visiblement pas plus.
La prise relâché laissa le romain tomber lourdement au sol. Ce dernier ne chercha pas à se récupérer, pas même un peu pour protéger ses blessures. Chaque seconde, chaque instant aussi infime soit-il rapprochait le romain de la mort : il le sentait. Cette femme n’allait pas le laisser en vie. Le laisser peut être. Le tuer peut être. Mais pas l’aider en tout cas. Thémis en avait décidé ainsi. Et Caïn baissa légèrement la tête en fermant les yeux juste après avoir vu le couteau de sa sentence sorti. Tout était finit. Trois, deux, un…

Zéro ? Comment ? Il était encore en vie. Et aucune autre blessure ne s’était rajoutée sur son corps. Rien, hors mit une légère le long de son torse. Incrédule, Caïn rouvrit les yeux pour voir son torse nu, à peine écorché du bout du couteau. A peine eut-il le temps de comprendre ce qui lui arrivait que Luna était penchée sur lui. Elle semblait tâter sa chair ouverte. Ça faisait mal. C’était le but ? Sûrement. Mais Caïn n’était plus sûr. Pourquoi lui fait refléter une mort proche pour finalement la repousser ? Le torturer ? Certainement… Ainsi le romain se laissa faire sans lâcher un cri : la douleur n’en serait que plus déshonorante s’il hurlait.
Mais  sa déconfiture fut totale lorsque Luna sortit un bandage. Hein ?! Voilà donc le combat terminé. Thémis avait gagné, comme toujours. Et elle avait prononcé sa sentence. Aussi la jeune soigneuse commença à parler au moment même ou le sourire satisfait du romain grandissait sur son visage. Pourquoi gémir de douleur ? Thémis l’avait épargné.
-Laissez moi vous compter une histoire, celle d'une petite fille âgée de six ou sept ans, un jour en se promenant sur la propriété de son père elle remarqua une petite boule de plume au pied d'un arbre. Curieuse elle s'approcha et compris qu'il s'agissait d'un oisillon tombé de son nid. La pauvre créature s'était blessée dans sa chute. L'enfant étant aussi innocente que les enfants le sont, elle prit sur elle de soigner le fragile animal. Le ramenant chez elle, elle le cacha à ses parents et s'occupa de lui pendant plusieurs semaines jusqu'à ce qu'il récupère assez de force pour retourner dans la nature. Lorsque ce dernier fut assez fort, la petite fille le ramena où elle l'avait trouvé, grimpa péniblement l'arbre et déposa l'oisillon dans son nid avec ses frères et ses sœurs, heureuse que cette aventure se termine bien. Malheureusement la vie a un bien cruel sens de l'humour et lorsque la petite fille repassa devant le même arbre le lendemain elle remarqua une nouvelle fois un boule de plume au pied de l'arbre, s'approchant elle vit le cadavre ensanglanté de l'oisillon. Sa mère ne l'avait pas reconnu et l'avait donc attaqué pour protéger sa couvée. J'ai beaucoup pleuré après ça, des jours et des jours, jusqu'à ce que Père me gifle assez fort pour me faire arrêter. Après tout il n'était pas convenable pour une lady de mon rang d'avoir les yeux rougis et bouffis par les larmes.

Voilà. Sous les yeux émerveillés de Caïn s’ouvrait ni plus ni moins qu’un être humain. Et tout être humain mérite la justice.
Aussi le romain la laissa finir, et, arborant une mine radieuse quoi qu’un peu blême, il posa un regard doux sur la jeune femme.
« Votre père s’est montré immonde et cruel. Mais je ne puis le blâmer, même si je le devrais : être père n’est pas chose aisée. »
Et pour cause, lui même pleurait dans son cœur la débauche de ses fils chaque seconde depuis ce fameux soir. Là, voici qu’il se montrait faible, et apte au pardon. C’était indigne de lui, il le savait. Et Thémis lui en tiendrait sûrement rigueur, allant même jusqu’à regretter de l’avoir ainsi gracié pour l’instant. Mais tant pis.
« Les pleurs d’une enfant son là ses propres mots, son propre langage. Et tandis que sa propre tristesse se déverse sur ses joues, c’est la vie qui fait son œuvre. Bloquer ainsi un processus aussi beau et pur est criminel. Votre père est-il un bourreau ? Tout comme vous et moi ? Est-ce lui qui a tué la femme que j’ai devant moi au berceau ? Je ne suis pas le meilleur des pères, loin de là. Mais moi jamais je n’aurais assassiné une si belle enfant à peine fut-elle née. Cette fille à fauté, oui. Elle a échoué dans sa mission qu’elle s’était elle même donnée par mégarde. Elle abandonné son poste par abus de confiance. Car oui : si elle voulait sauver cet oiseau, elle n’aurait jamais dut faire confiance à son ancienne mère. Mais peut-on vraiment lui en vouloir pour n’avoir put lever les armes face aux assaillants ? Non bien sûr : ce n’était qu’une enfant. Et pour de telles affaires nulles sentence autre que la tristesse déjà provoquée ne saurait être donnée avec justesse. »
Sur ces mots, Caïn se releva lourdement, s’appuyant de tout son poids sur le mur derrière lui. Dans le mouvement, un léger gémissement de douleur vint, et ne fut nullement retenu : ses larmes à lui valait autant que les siennes.
« C’est… sacrément douloureux en fait. Plus haut est la branche, plus dur sera la chute. Tomber ainsi de son nid n’est pas chose aisée, my lady. C’est… que ça qu’on dit là d’où tu vient non ? Mais toi qui m’a compté cette histoire déchirante, laisse moi t’en raconter la suite. La petite fille, ainsi trahie par la nature, vit en le monde entier qui l’entourait une menace. Le prisme de son univers idéalisé et beau ne fut très vite qu’un lointain souvenir. Elle avait grandit, dirait certains. Et en un sens c’était le cas : elle était grande et forte. Elle était devenue capable de se défendre, elle et l’oiseau. Mais c’était trop tard. Et puis elle même ne se serait jamais lancé dans une telle entreprise après tout : c’était inutile. Mais voilà que cette grande belle et jeune femme croisa le chemin d’un nouvel oiseau tombé de son nid. Un oiseau fragile et blessé. Un oiseau qui savait jouer des griffes mais qui était tombé sur plus fort que lui. Un mâle qui attendait de retourner auprès de ses petits orphelins. Un inséparable loin de son oiseau de paradis. Car oui, cet oiseau roucoulait dans le cœur d’une autre jadis et la mémoire de cette autre restera gravée à jamais dans l’âme de l’inséparable comme là seule et unique qui existe et existera. »
En racontant, il leva légèrement une main vers son visage : il y portait un alliance.
«  Cette oiseau était là, devant la jeune femme. Il se tenait ici, aussi fièrement que lui permettait les blessures qui meurtrissaient sa chair. Il était en proie à la mort, mais n’avait pas peur. Parce que lui, contrairement à la jeune fille, il croyait encore en la nature et refusait de penser qu’elle pourrait un jour le trahir. La jeune fille observa tant sa douleur que cette foi en la nature qu’elle ne comprenait pas, qui l’avait quitté il y a bien longtemps déjà. Sa mort était inévitable, et les deux le voyaient. L’une s’en moquait, et l’autre l’acceptait comme une vieil amie. Mais contre toute attente, la jeune fille sauva de nouveau cet oiseau, comme le premier. Elle prit soin de lui assez pour que la mort ne le le titille plus. Et cette fois, cette oiseau ne mourra pas, pas avant un long moment. Après tout, il ne pourrait laisser ses oisillons orphelins et sans parents. Après tout il ne pourrait abandonner les enfants de sa chère et tendre dont il porte la mémoire encore aujourd’hui. Après tout, il ne voudrait pas faire pleurer la petite fille qui sommeil encore dans la jeune femme forte qui l’a sauvé. Il refusait de rendre triste une enfant. Et puis il n'était pas convenable pour une lady de son rang d'avoir les yeux rougis et bouffis par les larmes, non ? »

Son histoire finie, le romain adressa un sourire sincère et franc à la Luna. Puis, toujours en s’appuyant sur les murs, il se dirigea vers la sortie. Mais, il stoppa dès qu’il fut à coté de la jeune fille, elle dirigée vers le mur sanglant, et lui vers l’embrasure de la porte.
« Je signerais bien un de mes propres contrats pour vous assurer que je tiendrais cette promesse, seulement je crains de n’avoir bousillé mon matériel tout récemment. Mais rassure toi je n’ai pas foi qu’en Thémis : je crois aussi en cette enfant qui a enfin la force et le courage de protéger ce second oiseau qu’elle a sauvé. »
Oui oui, Caïn pesait ses mots. Car si beaucoup disent « l’espoir fait vivre », le romain lui en était l’incarnation même. On ne fait rien sans grandes ambitions. Et Caïn en avait de l’ambition pour pleins de choses, ainsi que la certitude totale de pouvoir tout accomplir. Si beaucoup visaient la lune pour atteindre les étoiles, lui ne saurait trouver du repos avant de poser un pied sur l’astre de la nuit. Dans un sens, bien-sûr que ces mots là n’étaient pas choisis au hasard : être lié par contrat à une femme doté d’autant de cran comme de force serait une panacée pour le romain qui manquait cruellement de puissance offensives pour les rudes combats de l’Échiquier. Luna pourrait ainsi lui être utile pour assurer sa propre défense ou bien pour traquer et ramener des parjures. Mais Caïn ne pensait pas qu’à cela. Il pensait vraiment ses mots : il ne pouvait en être autrement avec lui. Et en un sens, il était prêt à suer sang et eaux pour faire renaître cette enfant tuée au berceau. Peut être voyait il dans cet acte généreux une pénitence supplémentaire pour la faute commise auprès de ses propres enfants…
Aussi finit-il par poser un regard en coin sur Luna.
« Nous sommes presque pareils Luna : je le sais bien. Mais là différence est que dans ma poitrine un cœur bat. Et ses battements ont été préservée par les mains même d’une femme qui en est privée, tant des battements que du fait de les ressentir. Je te remercie autant que je remercie la déesse, cela tu ne saura pas m’en faire démordre. Mais pour toi et toi seule, laisse moi te remercier comme il se doit. »

Tout était clair, limpide pour le romain. Ce n’était pas sa propre sentence qui tombait, pas que du moins. Chacun en ce monde où un autre mérite la justice. Et en ce jour Thémis semblait vouloir l’offrir à cette femme qui devait avoir vécu une vie gangrenée d’injustice.
Il était réducteur de nommer Caïn « bourreau », et cruellement maléfique. Car de la même manière que Pluton était tant le chef des Champs Élysées que des Enfers, Caïn savait être le pire des tortionnaires comme le plus doux des agneaux. Tout dépendait de ce que la justice réclamait.
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Mar 28 Mar - 17:55

L'agneau dans une peau de loup #CAÏN AMATIUS
Luna eut un sourire amusé, Caïn avait compris la comparaison. Il faut bien avouer que la jeune lady avait été plutôt claire, au moins le romain n'était pas incapable de comprendre un langage un temps soit peu imagé. En effet leur rencontre avait étrangement fait écho pour la jeune fille à celle qu'elle avait faite avec l'oisillon. Les deux fois ses pas avaient été guidé par le hasard, elle n'aurait après tout jamais du se trouver sur cette mission, pire encore si les trois avides ne l'avaient pas agacée et si elle n'avait pas quitté prématurément le lieu de l’embuscade, sa rencontre avec le romain aurait été bien différente et probablement mortelle pour ce dernier. Enfin, dans les deux cas, elle avait tenu la survie de l'oiseau comme celle de Caïn entre ses mains. Et quasi mécaniquement elle avait reproduit ses actions et décidé de sauver l'homme comme elle avait sauvé tant d'années auparavant l'animal. Après tout Luna ne se considérait pas cruelle, il est vrai que ses jeux avaient tendance à faire souffrir ceux qui y participaient mais qui pouvait-elle ? Et puis la chose restait juste, après tout elle participait elle aussi et s'appliquait les mêmes règles. Elle était juste bien meilleure joueuse que les autres.

Luna regarda le romain avec incrédulité lorsque celui-ci affirma qu'elle aurait du garder l'oiseau avec elle. Comme si la chose avait été possible ! Elle avait déjà été particulièrement chanceuse de réussir à le dissimuler si longtemps car Père ne l'aurait jamais autorisé à le conserver, il l'aurait assurément tué sous ses yeux pour lui faire comprendre son erreur. Elle n'aurait pas pu garder la créature, non, Luna y avait longtemps songé, l'oisillon avait été condamné dès sa chute de l'arbre, tous les destins possibles ne pouvaient conduire qu'à sa perte car en définitif l'injustice était une partie intrinsèque à la nature. Les notions d'équité et de justice étaient des créations humaines, elle n'existaient pas à l'état naturel des choses où régnait une seule règle : le fort dévore le faible. Luna l'avait compris, tout signe de faiblesse finissait invariablement par entraîner la souffrance alors la lady s'était débarrassée de tout ce qui la rendait faible, toutes ces émotions inutiles, tous ces liens sociaux superflus. Coup après coup, l'agneau pur et innocent qu'elle avait été avait changé, évolué, il avait appris à grogner et montrer les crocs. Il avait appris à mordre, il avait appris à chasser et à tuer. Il était devenu un prédateur solitaire, la seule façon selon Luna d'être réellement libre. Personne ne pourrait plus jamais la contrôler, elle ne ployait l'échine devant aucune règle ni aucune autorité. Elle ne croyait en rien, elle ne possédait rien et ne désirait rien acquérir. Il était impossible de faire pression sur elle, de tenter de la faire chanter ou la forcer à quoi que ce soit, personne n'avait d'emprise sur elle, en bref elle était finalement libre. La jeune lady soupira et secoua négativement la tête, Caïn comme tant d'autres était totalement aveugle à cette simple vérité et elle doutait qu'elle puisse le lui faire voir, elle ne l'interrompit donc pas et se contenta de l'observer en silence.

Si elle avait été une fourbe, Luna se serait frottée les mains devant toutes les informations qu'elle avait pu collecter. Le simple souvenir qu'elle avait partagé avec Caïn l'avait fait se dévoiler de manière impressionnante et elle en avait appris beaucoup sur la situation familiale du romain. Néanmoins il y avait une raison pour que Luna ne fasse pas partie de ce clan, non pas qu'elle ne soit pas observatrice mais elle manquait de l'organisation et  la patience nécessaire à établir un véritable réseau d'informations. Celles qu'elle venait de récolter sur Caïn allaient être englouties dans les profondeurs de l'inconscient de la jeune lady pour ne ressortir de son esprit désorganisé de manière quasi aléatoire. Elle se pencha cela dit un instant sur ce qu'elle venait d'apprendre, Caïn était veuf et parent de deux enfants. Elle supposa que ces derniers ne devaient pas se trouver sur l'échiquier et que le romain devait vouloir les rejoindre. Elle songea avec amusement qu'elle pouvait elle aussi être considérée comme une veuve bien que la mort de son fiancé soit intervenue avant le mariage, avoir découvert une nouvelle similitude entre elle et Caïn la distrait un moment mais c'est en définitif leurs différences qui la frappa, le romain avait et semblait continuer d'aimer sa femme là où Luna n'avait vu dans ce mariage qu'une chaîne de plus qu'on tentait de lui faire porter, elle s'en était donc débarrassée. Caïn avait quelque chose à retrouver si jamais il parvenait à quitter l'échiquier, Luna non. L'homme était aux yeux de la jeune fille, couvert de chaînes, tant familiales que morales et religieuses. Pouvait-on considérer qu'il prenait ses décisions lui-même ? Quand tant d'obligations et de contraintes venaient parasiter son jugement et influencer ses décisions ? Il lui faisait l'effet d'un automate placé sur des rails, ne pouvant que continuer d'avancer sans le moindre libre arbitre. Quelle existence étouffante, songea-t-elle.

Caïn semblait donner beaucoup de sens au fait qu'elle l'ait soigné, la chose n'étonna pas Luna, prisonnier qu'il était de son concept de justice il devait y voir une énième intervention de sa déesse, bien évidemment si elle lui avait ôté la vie, il y aurait vu un jugement de cette même déesse. En définitif, quoi qu'il arrive, aux yeux de Caïn tout n'était que nouveau signe de l'existence de la divinité en laquelle il croyait. Un tel degré d'aveuglement laissait Luna perplexe, comment pouvait-on se voiler la face à ce point ? En quoi les actions de Luna étaient-elles justes ? Elle n'avait pas interrogé le romain sur sa vie et ses accomplissements avant de décider si oui ou non il méritait de vivre ou pas, elle avait tout simplement été égoïste et avait fait ce que bon lui plaisait. Caïn aurait pu être un saint homme ou le pire des pêcheurs que sa décision n'aurait pas été différente, il n'y avait aucune justice là dedans, seulement sa volonté à elle. Et ses actions n'étaient ni guidées par la bonté ni par la gentillesse, des notions qui lui étaient étrangères depuis longtemps. Luna continua de fixer le mur tâché de sang contre lequel le romain avait été appuyé quelques instants plus tôt.

-Vous sauver ? Est-ce bien ce que je viens de faire ? Après tout pour accueillir la mort telle une vieille amie comme vous le faites, il faut la désirer un tant soit peu. Elle doit faire l'effet d'une délivrance, d'une échappatoire à cette vallée de larmes dans laquelle nous vivons. Luna laissa échapper un léger rire, dénué de toute joie. Non je ne vous ai pas sauvé, j'ai tout simplement prolongé votre existence et toutes les souffrances qui l'accompagneront et auxquelles vous auriez échappé sans mon intervention. D'une certaine façon la vie n'est-elle pas une punition bien plus cruelle que la mort ? Surtout pour vous puisqu'elle vous sépare de votre "oiseau de paradis".

Luna n'aimait pas la vie, non pas qu'elle la haïssait non plus, mais elle lui faisait l'effet d'une longue et pénible journée de travail et parfois la jeune lady était lasse et fatiguée. Mais la chose ne durait jamais longtemps, elle finissait toujours par trouver un nouveau jeu pour l'occuper et éloigner son esprit de ses noires pensées. Dans cette optique, son arrivée sur l'échiquier avait été une vraie bénédiction et elle ne s'était jamais sentie aussi vivante ! Ce lieu sublimait les couleurs de la vie et la rendait infiniment plus attractive et intense, après tout on ne sentait jamais plus en vie que lorsque chaque pas que l'on faisait pouvait être le dernier quand dans chaque ombre pouvait se dissimuler un ennemi mortel prêt à frapper. C'était grisant et Luna s’enivrait pleinement de la folie du lieu, l'acceptant entièrement et l'accueillant à bras ouverts. Elle se retourna vivement vers Caïn, son éternel sourire enjoué fiché sur son visage.

-Mais vous finirez par mourir Caïn Amatius, peut-être pas aujourd'hui et peut-être pas par ma main mais un jour vous pousserez votre dernier soupir. Peut-être s'agira-t-il d'un prétendu ami qui vous poignardera dans le dos ? Ou alors tomberez-vous au champs d'honneur sous les coups de vos ennemis ? Je ne le sais point, je sais en revanche que votre mort sera vide de sens. Ceux qui vous appréciez se lamenteront de votre départ tandis que vos ennemis se réjouiront de s'être enfin débarrassés de vous puis ils tourneront tous la page et continueront à lutter pour leur vie insignifiante. Vous serez peu à peu oublié jusqu'au jour où tous ceux qui se rappelaient de vous auront à leur tour disparu, remplacés, comme vous par de nouvelles personnes avec leurs propres désirs et rêves aussi futiles que les nôtres. Et après eux, il y en aura encore d'autres, et encore après, dansant pour toujours la valse macabre du conflit que nous nourrissons tous. Nous ne sommes au final que de minuscules petites braises jetées sans ménagement dans l'immense fourneau de l'échiquier pour en alimenter le feu rageur de la guerre qui finira par tous nous consumer. Car les hommes et leurs croyances vont et viennent, seule la lutte pour le pouvoir et la domination est éternelle.

Luna s'attendait à entendre Caïn rétorquer vivement et défendre sa stupide justice, elle leva les yeux au ciel et recula d'un pas, s'éloignant de l'embrasure de la porte et s'enfonçant dans la pénombre relative de la pièce avant de continuer doucement.

- Vous dites vouloir me remercier mais je ne désire rien. L'échiquier me fournit déjà tout ce dont j'ai besoin : un terrain de jeu idéal et des camarades avec qui jouer.

C'était au final ce à quoi se résumait la vie de Luna, une suite ininterrompue de jeux tout aussi mortels que l'était la guerre déchirant l'échiquier, mais n'était-ce pas là les jeux les plus intéressants ? Ceux où l'on a le plus à perdre.
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Mer 5 Avr - 19:59

Triste est celui qui ne croit en rien, mais encore plus triste est celui qui ne croit qu’en mal et désolation. A chaque mot de la jeune fille, Caïn ne pouvait plus voir qu’une âme en peine errant dans le monde sans aucun étendard à lever. Comment pouvaient ont renier à ce point tout ce qui fait de nous un être humain ? A chaque seconde qui passait, le romain voyait le visage de l’enfant s’effacer pour laisser place à une poupée sans identité. Un calque sur lequel on doit encore poser des yeux pour une vision du monde, une bouche pour un idéal à hurler, des oreilles pour un monde à découvrir, des pommettes pour rougir face à l’être aimé, et un sourire pour voir en la vie comme plus qu’un combat cruel. Oui, cette Luna avait perdu tout ce qui faisait d’elle un être humain. Quoi ? Mars aurait-il frappé sur son âme si fort que son visage serait devenu une épée ? Thémis, vient lui en aide c’en est trop…

« Vous sauver ? Est-ce bien ce que je viens de faire ? Après tout pour accueillir la mort telle une vieille amie comme vous le faites, il faut la désirer un tant soit peu. Elle doit faire l'effet d'une délivrance, d'une échappatoire à cette vallée de larmes dans laquelle nous vivons. Non je ne vous ai pas sauvé, j'ai tout simplement prolongé votre existence et toutes les souffrances qui l'accompagneront et auxquelles vous auriez échappé sans mon intervention. D'une certaine façon la vie n'est-elle pas une punition bien plus cruelle que la mort ? Surtout pour vous puisqu'elle vous sépare de votre "oiseau de paradis". »

Ce n’était que le lot de la justice : Caïn subissait cela comme une ordalie divine. Oui, la mort il l’espérait tellement qu’il en avait finit par refuser de se laisser aller à de telles simplicités. Car il était simple de mourir, voir même lâche. Non, en cette action Luna n’avait fait que l’aider dans son ordalie. Caïn avait trop fauté. Et là, il refusait l’échec. La victoire aux prix de mille souffrances, voilà la seule échappatoire acceptable pour un romain de son rang : Caïn refusait d’entacher encore son honneur.
Cette oiseau de paradis… il aurait tout le loisir de le retrouver plus tard… mais…plus tard… Rien que ces mots d’ailleurs suffirent à le faire frissonner.

« Mais vous finirez par mourir Caïn Amatius, peut-être pas aujourd'hui et peut-être pas par ma main mais un jour vous pousserez votre dernier soupir. Peut-être s'agira-t-il d'un prétendu ami qui vous poignardera dans le dos ? Ou alors tomberez-vous au champs d'honneur sous les coups de vos ennemis ? Je ne le sais point, je sais en revanche que votre mort sera vide de sens. Ceux qui vous appréciez se lamenteront de votre départ tandis que vos ennemis se réjouiront de s'être enfin débarrassés de vous puis ils tourneront tous la page et continueront à lutter pour leur vie insignifiante. Vous serez peu à peu oublié jusqu'au jour où tous ceux qui se rappelaient de vous auront à leur tour disparu, remplacés, comme vous par de nouvelles personnes avec leurs propres désirs et rêves aussi futiles que les nôtres. Et après eux, il y en aura encore d'autres, et encore après, dansant pour toujours la valse macabre du conflit que nous nourrissons tous. Nous ne sommes au final que de minuscules petites braises jetées sans ménagement dans l'immense fourneau de l'échiquier pour en alimenter le feu rageur de la guerre qui finira par tous nous consumer. Car les hommes et leurs croyances vont et viennent, seule la lutte pour le pouvoir et la domination est éternelle. »

Le chaos, la discorde. Aucun ordre mais du désordre à l’infini. Cette femme ne voyait qu’au travers des yeux d’Orcus c’était définitif. Caïn en soupira de tristesse, avant de serrer ses blessures à cause de la douleur provoquée. En un sens, Caïn était conscient de la part de chaos qui régnait sur terre – ses dieux en étaient parfois l’incarnation même et bien loin des idoles de vertus et de calme proposés par ces idiots de chrétiens. Mais cette femme oubliait une chose primordiale : qu’Orcus n’était pas le seul dieu et que bien d’autres agençaient l’univers. Pire encore, elle en oubliait, voir même n’avait jamais pensé, à l’honneur et à la spiritualité. Caïn voulait mourir, mais pas tout de suite. Cornelia marchait certainement du bon coté de la barrière. Alors le romain voulait racheter ses fautes pour fouler un sol et aucun autre : celui des Champs Élysées.
Le corps est bien peu. Seul l’âme perdure par la main le Pluton. Alors chaque romain se devait de forger la sienne au grès d’une vie exemplaire et honorable. Car on oublie bien vite les âmes de pêcheurs partis brûler en Enfer, mais les Champs Élysées font la vitrine éternelle d’une civilisation glorieuse dont le flambeau ne s’éteindra jamais.

Aussi Caïn se contenta de poser un regard circonspect et dédaigneux malgré lui sur la jeune fille : non, se perdre dans des gesticulations inutiles et futiles n’étaient pas de très bon ton, voir même déshonorant d’aveuglement.

« Vous dites vouloir me remercier mais je ne désire rien. L'échiquier me fournit déjà tout ce dont j'ai besoin : un terrain de jeu idéal et des camarades avec qui jouer.
-Voilà bien tout le problème : tu ne désires plus rien. Ce sont les rats qui se contentent de survivre, mais l’Homme, lui vit. Et voilà bien toute la nuance : Homme vit parce qu’il désire plus loin, plus fort, plus grand. Là où le rat se saisit d’un but de pain rassit sans demander son reste l’Homme rêve d’un dîner de rois. Là où le cafard s’époumone pour sa survit, l’Homme s’égosille pour la survit de ses rêves bien avant lui. On t’a enlevé ce qui faisait de toi un être humain, car c’est plus qu’humain de croire. Regarde au fond de toi : tu as bien un petit reste de quelque chose, de ces croyances. Ce n’est peut être pas un dieu, peut être pas un idéal. Mais une idée. Alors ce quelque chose, arrêtes de le brimer : c’est toi. Si tu continue tu pourra noter ton propre nom à ton tableau de chasse. »


Caïn était brute, et même lui avec sa chère vérité ne la donnait pas si nette sans artifice aussi souvent que cela. Il était droit, franc : son regard aussi neutre que possible était planté dans celui de Luna.

« Je crierais volontiers au blasphème, je laverais bien tes pêchers de milles et unes prières. Mais c’est inutiles n’est-ce pas ? L’idée qui t’habite encore, que tu le veilles ou non, diffère de la mienne. Et j’en suis triste croit moi. Mais je refuserais de brimer ton idée au profit de la mienne : ça serait te tuer. Oui, moi je vois Thémis en tes mains lorsque tu m’a soigné. Et cela je le répète mais tu ne me le retirera pas de la bouche : seul la mort le fera, et encore. Mais toi, qu’y voit-tu ? Que voit tu en tes actions hors mis ces illusions derrières lesquels tu te cache ? »

Sur le moment, Caïn pouvait vraiment paraître habité par ses propos et emporté. Car oui, lui même il se posait la question : imaginer un humain vide le terrifiait. Il y avait forcément quelque chose derrière !
Dépité il se retourna lentement, prêt à partir. Ses blessures le rendait tout de même gauche et fragile dans ses pas.

« Et oui : la vie n’est qu’une souffrance qui continue encore et encore, et pas que. Mais on l’accepte tous. Et on a tous nos raisons. Alors merci de me permettre de défendre les miennes à l’avenir et de me permettre de revoir le bonheur à l’avenir. Tu es douée Luna, en cela je ne remet pas en question ta réputation. Et oui je l’admet : j’aurais besoin de bien plus de gens comme toi. Alors si un jour tu as besoin de mes services cela sera un honneur de t’en faire profiter. Car tu finira par perdre un jour : et alors je serais là pour ramasser l’oisillon tombée de son nids de chimères. En cela je n’ai qu’une parole. »

Finalement il tourna un ultime regard vers l’ombre tapis au coin du bâtiment.

« Car moi je ne joue pas. »
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Sam 8 Avr - 19:36

L'agneau dans une peau de loup #CAÏN AMATIUS
Si Luna avait souhaité susciter une réaction chez le romain, elle avait visiblement réussi. La chose n'avait pas été bien difficile, elle lui avait présenté la chose que tous prétendaient désirer et qu'en définitif aucun ne voulait réellement entendre : la vérité. La réaction du romain avait été des plus prévisible et banale, le déni et la colère et il tentait visiblement d'entraîner Luna sur le même terrain avec ses vaines tentatives pour l'insulter. La chose échoua, bien entendu, et la jeune lady se contenta de le fixer, son éternel sourire enjoué fiché sur son visage. Cela ne l'atteignait pas d'abord parce qu'elle avait déjà entendu bien pire que rat ou cafard et surtout parce qu'elle n'apportait aucune importance à l'opinion que Caïn pouvait avoir d'elle, de manière générale, elle était de toute façon bien trop égocentrique pour se soucier de ce que les autres pouvaient bien penser d'elle. En regardant le romain, elle pensa à ce qu'on lui avait enseigné lorsqu'elle était plus jeune sur la civilisation d'origine de Caïn. Rome, un mot associé à la gloire et à la grandeur mais qui était aussi synonyme de décadence et d'orgueil en cela Caïn semblait bien être le produit de sa culture car c'était bien sa fierté et son orgueil qui s'exprimaient lorsqu'il tentait de rabaisser la jeune lady de la sorte. Il était étrange de voir ainsi une personne sortie d'un autre temps défendre ses valeurs et Luna n'en voyait pas très bien l'utilité, après tout elle savait déjà où ses valeurs conduiraient Caïn et où elles avaient conduit la société qui les avaient défendues, à sa chute. Car Rome tomberait, peut-être pas du vivant de Caïn mais l'aigle, si arrogant, serait terrassé et son empire volerait en éclats. Elle n'était pas capable d'énumérer une liste exhaustive de toutes les causes de cette fin précipitée mais elle connaissait au moins ceux qui avaient porté le coup mortel et avait laissé l'aigle lentement agoniser dans les cendres de sa gloire. Les Huns, la horde inarrêtable qui avait déferlé sur l'Empire ne laissant que des braises fumantes dans son sillage, les partisans du chaos et de la destruction. Luna s'amusa à l'idée qu'ils lui ressemblaient un peu et que si Rome n'avait pas pu les stopper sans s'auto-détruire, il était peu probable que Caïn puisse la changer sans se perdre durant sa tentative. Cette idée lui plut et son sourire s'étira.

En continuant d'écouter le romain, Luna finit par se rendre compte à quel point ce dernier ne la comprenait pas, à quel point il se méprenait sur son compte. Il semblait persuadé qu'on lui avait enlevé quelque chose, que c'était une volonté extérieure à Luna qui avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui. Il n'aurait pas pu être plus dans l'erreur, car c'était bien la jeune fille de sa propre initiative qui avait choisi de changer, librement. Son père avait essayé de la briser, de faire d'elle une petite chose fragile et docile qu'il pourrait utiliser comme bien lui semblerait mais la jeune lady s'était rebellée, elle avait rejeté cette voie toute tracée par son père, elle avait fait le choix d'exister par elle-même et de ne pas être juste l'extension d'un mari qu'elle n'aimerait de toute façon pas. Elle avait repoussé cet avenir pourtant fait de confort et de luxe mais qui prenait place dans un monde d'apparence et de mensonge qui le rendait creux et sans âme. Elle s'était libérée des entraves qu'on lui avait imposé et préférerait mourir que de laisser quiconque l'enchaîner à nouveau. Caïn considérait que c'était la capacité à désirer qui donnait la qualité d'être humain, si c'était le cas alors l'homme était une espèce dysfonctionnelle par essence. Les désirs, qu'ils s'agissent de gloire, de richesses ou d'amour, rendaient l'homme insatisfait et l'entraînait dans de folles courses pour les combler, ceux qui n'y parvenaient pas étaient rongés par leur échec et ceux qui triomphaient, tombaient dans la monotonie du quotidien qui peu à peu retirait toute saveur au succès. Et là commençait le cercle vicieux infini de l'homme tentant de combler ses désirs. Luna était fascinée de voir ses congénères mettre toute leur énergie dans ce qui n'était en réalité que la construction, pierre par pierre, de leur propre enfer personnel. Ils étaient des esclaves consentants, des marionnettes dansant au bout de fils qu'ils avaient eux-même tissés et qui les étranglaient un peu plus à chaque mouvement, l'expression ultime de la folie selon Luna, mais qui était tellement envoûtante à observer qu'elle n'arrivait que difficilement à s'arracher à sa contemplation, peu importe le nombre de fois qu'elle observait le phénomène.

Égarée qu'elle était dans ses pensées, Luna avait visiblement perdu de vue le fil du discours du romain. Que lui reprochait-il exactement ? De ne croire en rien ou de se voiler la face d'illusions et chimères ? Si elle ne croyait en rien, derrière quoi se cachait-elle selon lui ? Le vide ? Cela n'avait pas beaucoup de sens pour la jeune lady qui pencha la tête sur le côté, sourcils froncés, perplexe. Peut-être voulait-il dire par là qu'elle ne croyait pas réellement en rien, qu'elle dissimulait sa véritable nature. Il lui demandait de regarder au fond d'elle-même alors c'était probablement ça. Néanmoins Luna n'en voyait pas vraiment l'intérêt, elle savait déjà ce qu'il y avait au plus profond de son cœur. Une noirceur, une abîme sans fin prête à déferler tel un raz-de-marée et à engloutir tout le monde dans les profondeurs. Un force de pure avidité, qui monterait à tous à quel point ils avaient bien mal utilisé ce mot jusqu'ici, prête à se répandre, à corrompre et à consumer tout sur son passage. Caïn l'avait comparé à un rat, un cafard, s'il avait voulu que son rapprochement soit aussi exact qu'injurieux, il lui aurait dit qu'elle était un poison, une maladie. Une chose qui ne survivait qu'en infectant et détruisant tout ce avec quoi elle entrait en contact. Dans cette optique, même l'échiquier ne la satisfaisait pas entièrement, il la séduisait plus que le monde d'où elle venait certes, mais il était encore trop ordonné, trop sensé et rationnel avec ses règles intangibles et un jour Luna changerait cela, elle affranchirait l'endroit de toutes ses contraintes y compris celles de la raison et de la morale pour en faire un lieu libre de toutes règles. Elle en frissonna d'anticipation, ce serait le plus beau jeu auquel elle n'aurait jamais joué mais elle savait que l'heure n'était pas encore venue, en attendant elle se contenterait de jeux plus modestes. La jeune lady pouffa légèrement, telle une enfant espiègle qui fait fit des remontrances que lui adressent ses parents.

- Eh bien ! Il semblerait que j'ai touché une corde sensible. Vous ne jouez pas ? Alors je vous plains car vivre sans divertissement doit être une existence des plus moroses. Je commence à comprendre pourquoi vous vous accrochez autant à votre divinité, après tout sans elle pour donner du sens à votre vie il ne vous resterait pas grand chose, si ce n'est vos souvenirs et le douloureux sentiment de manque pour ceux qui vous avez aimé. Et j'imagine que cela vous terrifie ce vide tout prêt à vous engloutir. Je ne peux malheureusement pas comprendre ce que vous ressentez, ma famille ne me manque pas, ils étaient à vrai dire une nuisance et je me porte bien mieux sans eux. Quand à me cacher dans les jupes d'une déesse... Luna tendit les bras dans l'ombre de la pièce, comme pour étreindre l'obscurité et l'attirer à elle. Pourquoi ferais-je cela, pourquoi se limiter à devenir la chose d'une telle créature alors que le vide me propose la liberté totale, la fin de toutes les restrictions, un infini de possibles !

Luna dut reprendre son souffle après sa tirade, elle doutait que Caïn comprenne à quel point se défaire de toute croyance pouvait être libérateur, à quel point on se rendait alors compte que pendant tout ce temps on avait limité notre conception du monde et nos actions par nos propres croyances. Mais le romain avait trouvé refuge dans ses croyances, probablement pour pouvoir continuer d'affronter les difficultés de la vie. Après tout si la justice existait et était amenée à prévaloir à la fin, alors le juste serait récompensé, le mauvais puni. Une sorte de vision naïve et idyllique où tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais il s'agissait là d'un rêve puéril, la réalité était différente et la justice n'y triomphait que bien rarement. Elle repensa aux blessures que l'on avait infligé au romain un peu plus tôt, certaines laisseraient probablement une cicatrice et lorsqu'ils les regarderait, Luna se demanda s'il songerait à ses agresseurs ou à la jeune femme qui l'avait soigné. Probablement à aucun des deux, juste au triomphe une nouvelle fois de sa déesse bien aimée. Alice l'avait bien trouvé, songea-t-elle, après tout pour gouverner elle avait besoin de quelqu'un pour faire appliquer les lois. La jeune lady pensa avec amusement qu'elle voyait un peu mieux pourquoi Alice les appelait tous ses pions. Caïn ne jouait peut-être pas mais il était clairement présent dans le jeu de quelqu'un d'autre. La jeune lady se demanda si elle avait elle aussi un rôle dans tout cela, probablement et elle le jouerait surement si elle ne le faisait pas déjà. Tant que le jeu la divertissait elle participait de bon cœur.

-Un jour je finirais par perdre l'un de mes jeux, c'est indéniable mais cela n'a aucune importance à mes yeux. Tant que mon adversaire m'offre une partie intéressante je serais comblée.

A vrai dire, Luna avait hâte d'expérimenter la chose, elle était curieuse de savoir comment cela surviendrait, de ce qu'elle ressentirait en cet instant, entraînera-t-elle son adversaire dans sa chute avec elle ? Mourir pour vivre un tel moment, elle le ferait sans l'ombre d'une hésitation.
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Caïn Amatius
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Dim 9 Avr - 3:54

Le romain était… un peu irrité oui… oui il l’admettait. Et pourtant il regrettait ces sensations de foyer ardant qui brûlait entre ses côtes, et qui devaient être en partie dues à la douleur d’ailleurs. Mais… AH ! A ce niveau s’en devenait insultant. Et la chaleur remontait dans son corps vers sa tête au point de le faire bouillonner intégralement de rage. Cette femme se pavanait devant lui avec une telle désinvolture que l’essence même de son être en étant blasphématoire. Pas ses propos - après tout Caïn, en grand avant-gardiste, appliquait le droit de ne pas savoir - mais son être tout entier était une insulte aux dieux, et pire : à la justice.

« Eh bien ! Il semblerait que j'ai touché une corde sensible. Vous ne jouez pas ? Alors je vous plains car vivre sans divertissement doit être une existence des plus moroses. »

Comment osait-elle ?! Cette traînée n’avait aucune notion de devoir ni même d’honneur. Elle lui faisait penser à une vulgaire servi en fuite qui vivait comme ça… sans lendemain. De son temps on les abattait à vu : voilà tout le procès qu’elles méritaient.

« Je commence à comprendre pourquoi vous vous accrochez autant à votre divinité, après tout sans elle pour donner du sens à votre vie il ne vous resterait pas grand chose, si ce n'est vos souvenirs et le douloureux sentiment de manque pour ceux qui vous avez aimé. Et j'imagine que cela vous terrifie ce vide tout prêt à vous engloutir. Je ne peux malheureusement pas comprendre ce que vous ressentez, ma famille ne me manque pas, ils étaient à vrai dire une nuisance et je me porte bien mieux sans eux. »

Pure catin, la voilà aux portes des Enfers. Et là, même Caïn ne se risquerait pas à aller la sauver : elle ne le méritait plus. Il y avait une limite à ne pas franchir et un cap ou même la justice ne pouvait plus suffit à renvoyer dans le droit chemin. L’expression « trancher » pour un jugement n’était pas choisie au hasard après tout… Et là, elle allait trop loin : Caïn le savait, et commençait à brûler de l’intérieur tellement il bouillonnait.

« Quand à me cacher dans les jupes d'une déesse... Pourquoi ferais-je cela, pourquoi se limiter à devenir la chose d'une telle créature alors que le vide me propose la liberté totale, la fin de toutes les restrictions, un infini de possibles ! »

Quoi ?! S’en était assez, assez et définitivement assez. Par réflexe, Caïn posa la main sur la garde de son épée, juste avant que la douleur ainsi provoquée par le mouvement ne le bloque en lui arrachant un rictus de douleur difficilement dissimulable. C’était assez, assez pour le laisser se reprendre et ne pas céder à la fureur : il valait mieux que cela.

« Ne gâches pas tout pour si peu… calme… pas d’action inconsidérée…la justice tranche tôt ou tard. Mais mieux vaut demeurer de ce monde pour la rendre… »

Après tout oui : céder ainsi à la plus primale envie de violence en était entachant pour son nom, outre le suicide que cela représentait. Et Caïn refusait de le salir pour une ribaude aussi misérable, comme d’échouer. Aussi le romain se contenta d’essuyer avec le pouce le bout de la garde, comme pour rendre le mouvement naturel et normal… Calme… il fallait dire que ce mouvement répétitive était juste ce qui lui fallait pour ne pas exploser aussi.

« Un jour je finirais par perdre l'un de mes jeux, c'est indéniable mais cela n'a aucune importance à mes yeux. Tant que mon adversaire m'offre une partie intéressante je serais comblée.
-Voilà ! Nous y sommes ! Voilà ce qu’il te manques : la volonté de faire de ta vie quelque chose. Car tu n’est rien. Et à ta mort, croit moi, vu comme tu es partie, seul le pire des Enfers t’attends. Et en cela je m’en réjouit car jamais plus je ne te reverrais dès lors que tu y aura posé un pied. »


Ses mots étaient acides, et juste assez poussés pour parler assez fort sans se faire mal. Mais le pire était peut être son regard noir de colère et globuleux de tensions qui fixaient l’ombre de femme qui suscitait de moins en moins son intérêt.

« Je n’ai ni peur du vide, ni de cette soit disant morosité. Si je tombe Thémis me rattrapera, pour peu que je le mérite et que ma punition ne soit pas de tomber. Auquel cas je refuserais d'avoir peur d'un jugement équitable. Et NON ! Cesse de me faire répéter cela tu ne me le retirera pas de la bouche ! C’est pire qu’encrer en moi : ces mots sont ma personne. Quand à cette morosité, elle laisse place au plus beau joyaux qu’une vie humaine pourrait voir dès lors qu’on cesse de faire l’enfant. Si l’homme peu mourir, ce cristal ci est éternel et bien plus beau que toute vie aux mondes : l’honneur. En cela seuls les plus beaux diamants méritent une place aux Champs Élysées. Pas les bouts de charbon rabougrit tel que toi, mais moi… oui ! Je n’ai de cesse que de tailler le mien pour en faire la plus belle des topazes : un parangon de justice incarné. Et lâche est celui qui ne travail pas son matériau pour en orner le plus beau des bijoux : il ne mérite rien d’autres que les milles souffrances de Pluton. »

Sur ces mots, le romain baissa de nouveau un peu la tête et ferma fort les yeux : ses blessures le relançaient avec insistance. Mais assez : il eut tôt fait de se retourner pour commencer à sortir. Et en sortant, une fois à l’extérieur, il conclut ses propos.

« Tu ne veut pas de règles ? Dommage : il y en a. JE suis là. Voit cela comme un de tes jeux morbides, moi j’y vois là le jugement qui s’abattra sur ta personne qui ne mérite ni respect ni décence. »

Il retourna la tête, fébrilement malgré lui, vers Luna. C’était juste assez pour poser sur elle un regard hardant de défiance.

« Tu saura bien assez tôt quand le départ sera donné, à ton jeu ou mon jugement -je me moque du nom que tu lui donne. Je pense qu’il serait de mauvais ton de commencer avec un participant qui ne serait pas en état pour concourir. Alors reportons cela à plus tard : si tu te languit de ta partie de chasse ton esprit pervers et corrompu ne la trouveras que meilleure non ? »

Il finit par se retourner une bonne fois pour toute.

« Adieu Luna Avencurus : car nous ne nous reverrons pas. Notre prochaine rencontre verra se croiser Bourreau et Boucher. »

Car non : ils étaient différents. Caïn usais bien peu de son propre surnom de bourreau dans ses propos en général. Mais là, il se complaisait bien dans cette vision de Pluton uniquement démoniaque : cette femme ne verra à l’avenir que celle là de toute façon. Trop, c’était trop. Quand à elle, elle n’avait rien d’un bourreau : ce n’était qu’un boucher qui plantait ses couteaux que dans ce qui lui chantait et rien de plus. Un bourreau qui perd tout sens de ce qu’il défend ne vaut rien de mieux qu’un homme qui découpe des animaux du matin au soir et du soir au matin.
Ainsi Caïn commençait à s’éloigner, et poussa même un peu la voix pour dire quelques derniers mots.

« Ta main n’était pas guidée par la déesse j’ai fais erreur. Thémis tenait un couteau sous ta gorge et tes membres entre ses fils de marionnette inflexibles et inquisiteurs. Tu en portera les stigmates toute ta vie et j’en suis heureux : prend cela comme une leçon. »

Ainsi baignée dans la lueur de la lune qui s’éloignait lentement dans son dos, Caïn entrait dans une lumière qui refuserait à jamais cette femme. Bon sens ! Il en avait presque honteux qu’elle ait été la main qui l‘a sauvé. Thémis pourquoi ? Qu’attendait-elle de cette rencontre ? …un jugement et un défi au même temps. Et le romain refusait tout simplement la défaite.
Ce n’était que le début…



petit message parce que ça commence à être chaud xDDD:
 
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Luna Avencurus
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MessageSujet: Re: L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]  Mer 12 Avr - 12:42

L'agneau dans une peau de loup #CAÏN AMATIUS
Le romain la fixait avec un regard noir, un regard qui promettait mille souffrances, malheureusement pour lui il n'était clairement pas en état de passer à l'acte, dommage songea Luna. Elle se contenta de le fixer avec nonchalance, Caïn n'était tout simplement pas capable de l'atteindre. La jeune lady en revanche semblait avoir réussi, et elle jubilait de voir chaque nouvelle émotion s'afficher si clairement sur le visage de Caïn, elle l'avait attrapé. Elle l'avait pourtant prévenu qu'elle allait le posséder comme personne ne l'avait jamais fait, avait-il cru qu'elle parlait de possession charnelle ? Quelle idée stupide... Ce dont Luna voulait s'emparer était bien plus précieux : sa santé mentale, son esprit, son âme. Peu importait la dénomination que l'on lui donnait, c'était cette chose qui nous compose tous, qui nous définit, qui fait de nous que nous sommes ce que nous sommes, le fondement de notre identité et de notre personnalité. Pour Caïn il s'agissait de sa foi religieuse en son concept de justice, c'était la base sur laquelle il s'était construit ou plus probablement reconstruit. Et le romain avait fait l'erreur de trop s'approcher d'elle, il s'était penché un instant au dessus de l'abîme sans fond qu'elle était et la noirceur l'avait effleuré,  laissant une marque sur son âme. La chose était encore bien légère mais c'était là, au plus profond de son être quelque chose avait changé ou peut-être que cette chose avait toujours été là, attendant patiemment d'être réveillée, Luna l'ignorait, ce qui était certain c'est que Caïn était en train de changer à cause d'elle et il n'en avait pas conscience, du moins pas encore.

Alors la jeune fille écouta en silence chaque mot que Caïn lui cracha comme s'il s'agissait d'un venin mortel pour la détruire sans comprendre que c'était son propre sort qu'il scellait un peu plus à chaque instant. Et le plus terrible dans tout cela, c'est que Luna ne l'avait forcé à rien, elle ne forçait de toute façon jamais les gens, ce n'était tout simplement pas sa façon de faire. Elle voulait qu'ils fassent leurs choix librement, que leur destruction soit de leur fait, elle avait d'ailleurs en horreur l'idée de retirer le libre arbitre d'une personne par la contrainte et ne s'y abaissait jamais. Non, Caïn suivait le chemin qu'il s'était choisi, bien évidemment la présence de la jeune lady l'avait influencé mais l'on pouvait difficilement l'accuser de l'avoir manipulé, elle n'avait fait que lui dire la vérité, comme elle le faisait toujours. Elle s'était contentée de présenter son point de vue sur la vie, en toute honnêteté, et c'était les réaction de Caïn qui avaient mis en branle les terribles rouages de sa propre déchéance, c'était lui qui venait de lui proposer un jeu, elle n'avait été que spectatrice de la scène, l'observant avec fascination alors que leur petite passe d'arme arrivait à sa conclusion. Elle regarda le romain s'éloigner de la maison sous la pâle lueur lunaire, ils avaient visiblement parlé toute l'après-midi et la nuit était tombée. Elle resta un moment dans l'embrasure de la porte, considérant leur discussion, elle finit par soupirer avant de s'exprimer d'un ton pensif, elle ignorait si Caïn l'entendrait mais elle n'était de toute façon pas convaincue que ses paroles lui soient adressées.

- Quel sombre tableau vous m'offrez là Caïn Amatius ! Vous l'avez peint de couleurs bien violentes : la colère si ce n'est la haine à mon égard, le mépris pour ce que je suis aussi accompagné d'un sentiment de supériorité que vous semblez ressentir. Et surtout, le désir de me voir souffrir atrocement, le sadisme donc. La jeune femme marqua une légère pose avant de continuer. Vous vous oubliez très cher, et si ma place est en Enfer alors celle d'une personne qui souhaite de telles horreurs à son prochain l'est tout autant si ce n'est plus ! Après tout moi je ne hais personne, je ne méprise point et je ne souhaite point la douleur même de ceux qui m'ont tant fait souffrir par le passé.

La silhouette du romain finit par disparaître, happée par les ténèbres de la nuit, Luna sourit doucement en songeant que c'était des plus appropriées compte tenu des événements de cette après-midi. Elle commença elle aussi à s'éloigner de leur lieu de rencontre et se dirigea de sa démarche chaloupée vers la cité des avides. Elle était perturbée par l'ego du romain, dans la plus part de leurs échanges c'était son orgueil qui avait parlé, sa fierté d'être meilleur que les autres grâce à sa justice. Mais pouvait-on encore appelé cela de la justice ? Si la seule motivation de la personne était de rabaisser autrui et de se sentir supérieur ? Au final il ne défendait pas vraiment la loi, songea-t-elle, mais son ego qu'il appelait honneur. Il n'y avait aucune moralité dans les actes de Caïn, l'action morale est entreprise sans rien attendre en retour, or le romain lui agissait par fierté ou honneur et dans l'espoir de retrouver sa belle sur les champs Elysées après sa mort, ses actes étaient donc le résultat d'un calcul d'intérêt, ils étaient étrangers à toute morale. La jeune lady fut frappée par le fait qu'en ce jour, elle avait été bien plus morale que Caïn, là où lui avait pris trois vies, elle en avait sauvé une et elle ne l'avait pas fait en espérant une récompense, elle lui avait affirmé ne rien désirer en retour, un acte moral dans sa forme la plus pure duquel elle ne retirait ni fierté ni honneur, elle l'avait simplement fait. Peut-être qu'en définitif, la vraie défenderesse de la justice c'était elle. L'idée la fit s'immobiliser un instant mais elle secoua négativement la tête, c'était ridicule comme concept.

Caïn disait vouloir l'affronter, le malheureux, dans son esprit il s'agissait probablement d'une dernière lutte entre sa justice et ce que Luna représentait pour lui, quoi que ce soit. Il se trompait, il s'était piégé lui-même par cette déclaration et avait mis le doigt dans l'engrenage d'une machine qui allait le consumer. En faisant ce choix, Caïn avait trahi la justice qu'il prétendait défendre, il s'était éloigné de sa déesse bien aimée, d'un pas à peine certes, mais il ne connaissait Luna que depuis une après-midi, où en serait-il dans une semaine ? Dans un mois ? Elle l'avait attrapé. Pour juger une personne, le magistrat se devait d'être impartial, neutre, en dehors du conflit or Caïn n'était pas ces choses là à l'égard de Luna, il la détestait, peut-être même qu'elle le dégoûtait, il était impliqué émotionnellement, il lui avait souhaité "mille souffrances", il ne pouvait donc pas être juste envers elle et aucun jugement qu'il rendrait à son égard ne pourrait jamais l'être. S'il la tuait ce n'est pas la justice qui triompherait mais la colère et la vengeance. Le romain voulait jouer mais il avait en réalité déjà perdu, soit Luna parviendrait à le tuer soit il se perdrait lui-même en lui ôtant la vie, trahissant du même coup tous ses précieux principes. Dans les deux cas, elle aurait gagné, pire encore en s'attaquant à elle, Caïn entacherait son honneur auquel il tenait tant, d'abord parce qu'il prendrait la vie d'une personne qui l'avait sauvé mais surtout car se faisant il reviendrait sur la promesse qu'il lui avait faite de l'aider, il deviendrait un homme qui ne tient pas parole : un parjure. Elle baissa les yeux sur ses mains toujours tâchées du sang du romain telle une funeste vision de l'avenir, leur jeu n'avait pas commencé et pourtant la jeune lady savait déjà qu'elle gagnerait, c'était inévitable car les dés étaient pipés depuis le début.  
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L'agneau dans une peau de loup (feat Caïn Amatius) [terminé]

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